Tout remonte à janvier 2015. Gilles Artigues, alors premier adjoint et rival politique de Gaël Perdriau, est filmé à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un escort boy. La vidéo devient ensuite un instrument de pression : l’élu est sommé de mettre en sourdine ses divergences politiques avec le maire, sous peine de voir les images diffusées. En première instance, le tribunal a reconnu Gaël Perdriau coupable d’avoir orchestré ce complot. Il avait écopé de cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d’inéligibilité, avant d’être libéré sous contrôle judiciaire le 4 mars dernier, après deux mois passés à la prison de Bourg-en-Bresse.
Trois prévenus, des parties civiles inchangées
Sur le banc des prévenus, Gaël Perdriau comparaît aux côtés de Samy Kéfi-Jérôme, ancien adjoint à l’éducation, et de Gilles Rossary-Lenglet, ancien communicant — tous deux condamnés à quatre ans de prison dont trois ferme en première instance. Les quatre dirigeants d’associations relaxés en septembre ne sont plus dans la procédure. Pierre Gauttieri, l’ex-directeur de cabinet qui n’a pas fait appel et purge actuellement sa peine, sera entendu comme témoin. En face, la famille Artigues au complet, l’ancien maire Michel Thiollière, l’association Anticor et la Ville de Saint-Étienne, représentée par un nouvel avocat et déterminée à obtenir réparation pour l’atteinte portée à son image.
Des stratégies de défense opposées
Gaël Perdriau maintient une ligne inchangée depuis le début : l’innocence totale. Il conteste le détournement de fonds publics, l’association de malfaiteurs, et ne concède que des menaces formulées sous le coup de la colère, sans les qualifier de chantage. Sa défense entend mettre en avant son humanité et sa vie désormais ordinaire — il est redevenu salarié en entreprise depuis la fin de son mandat — pour toucher la cour d’appel là où les arguments juridiques ont déjà échoué.
Gilles Rossary-Lenglet, lui, a décidé de faire appel non pour contester sa condamnation, mais pour répondre directement à Perdriau qui l’avait publiquement traité de menteur à l’issue du premier procès. Être prévenu plutôt que simple témoin lui permettra de s’exprimer pleinement et de lui tenir tête tout au long des débats.
Ce qui pourrait changer la donne
Le contexte a évolué depuis septembre. Gaël Perdriau n’est plus maire — les élections municipales de mars ont consacré la victoire de Régis Juanico. L’atmosphère du prétoire en sera forcément différente, tout comme la couverture médiatique. Mais les enregistrements audio, les vidéos et les aveux déjà versés au dossier demeurent des éléments matériels que la défense ne pourra pas effacer. Les audiences se tiennent jusqu’au vendredi 12 juin.


