Jacques Fayolle, directeur de l’établissement stéphanois, a annoncé cette distinction sur ses réseaux sociaux. L’ingénieure chimiste rejoindra ainsi Marie Curie, Sophie Germain, Rosalind Franklin et 68 autres scientifiques dans ce panthéon féminin de la science.
Cette initiative, lancée en mars 2025 par la Ville de Paris, la Société d’exploitation de la Tour Eiffel (SETE) et l’association « Femmes & Sciences », vise à rendre visible l’apport majeur des femmes dans les disciplines scientifiques. Les 72 noms dévoilés le 26 janvier couvrent plusieurs siècles, depuis Angélique du Coudray (1712-1794) jusqu’à Alice Recoque (1929-2021), pionnière de l’informatique française. L’inauguration de ce projet est envisagée pour mars 2027.
Une carrière atypique marquée par le courage
Née en 1896, Anne-Marcelle Schrameck intègre l’École des Mines de Saint-Étienne en 1917, en pleine Première Guerre mondiale, et obtient son diplôme en 1919. Ironie de l’histoire : l’établissement refermera ses portes aux femmes jusqu’en 1970, faisant d’elle une exception pendant un demi-siècle.
En 1920, elle est recrutée par l’usine de produits chimiques Kuhlmann en Lorraine, spécialisée dans la transformation du sel minier. Elle n’hésite pas à descendre à 700 mètres sous terre pour superviser les travaux, une audace remarquable pour l’époque. Elle quitte l’entreprise en 1922 après son mariage avec Louis Kahn, ingénieur du Génie maritime, qu’elle accompagne dans ses affectations à Brest, Saïgon puis Lorient.
Un acte héroïque pendant la guerre
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant dramatique dans sa vie. En 1943, Anne-Marcelle Schrameck réalise un exploit d’une bravoure exceptionnelle : elle traverse les Pyrénées à pied, seule avec ses deux enfants, armée uniquement d’une boussole et de cartes d’État-major, pour rejoindre son époux à Londres. Après cette période éprouvante, elle occupe des fonctions administratives à Alger, puis à Paris au ministère des Affaires étrangères, jusqu’à son décès en 1965.
Le site de l’École des Mines de Saint-Étienne détaille les difficultés considérables qu’elle a rencontrées lors de son admission, témoignant des résistances institutionnelles auxquelles se heurtaient les femmes souhaitant accéder aux formations scientifiques d’excellence au début du XXe siècle. Son parcours exceptionnel symbolise la détermination nécessaire pour briser le plafond de verre dans un milieu alors exclusivement masculin. Plus d’infos sur Anne-Marcelle Schrameck ICI.

