À 37 ans, Johannes Hoff Thorup coche presque toutes les cases de la philosophie Kilmer Sports Ventures. Révélé au FC Nordsjælland, référence européenne en matière de formation et de valorisation des jeunes joueurs, le Danois a construit sa réputation sur un football offensif et dynamique avant de s’exporter à Norwich City. Son aventure anglaise en Championship, interrompue au printemps 2025 après une série noire, lui a laissé des enseignements précieux, notamment sur l’importance de s’entourer d’un staff de confiance pour diffuser efficacement sa méthode.
Depuis janvier 2026, il entraîne le Rapid Vienne, club qui a précisément mis en avant sa capacité à faire progresser les jeunes lors de sa nomination. Pour une ASSE appelée à s’appuyer davantage sur son centre de formation, le profil est séduisant : jeune, moderne, formateur, habitué à des structures où la valorisation des actifs prime.
Luís Pinto, l’outsider aux arguments solides
Moins médiatique, le Portugais Luís Pinto n’en mérite pas moins l’attention. À 37 ans lui aussi, son bilan au Vitória Guimarães, dont il vient d’être séparé en mars dernier dans le contexte d’instabilité chronique qui caractérise le club, révèle un technicien ambitieux. En janvier 2026, il offrait à Guimarães l’un des plus beaux exploits de son histoire récente en remportant la Coupe de la Ligue portugaise face au rival Braga. Malgré plusieurs départs importants l’été précédent et une équipe fortement rajeunie, il affichait 14 victoires en 31 rencontres toutes compétitions confondues.
Son système préférentiel en 4-2-3-1, son goût pour un football offensif et sa capacité à travailler avec de jeunes joueurs correspondent aux critères recherchés. La limite est évidente : son expérience au très haut niveau reste encore à construire.
Vítor Bruno, l’expérience des grands rendez-vous
C’est le profil le plus fourni des trois. Longtemps bras droit de Sérgio Conceição au FC Porto, Vítor Bruno a baigné dans les campagnes européennes de haut niveau avant de prendre lui-même les commandes du géant portugais en 2024. Son aventure comme numéro un n’aura duré que quelques mois, trois défaites consécutives dans un club sous haute pression auront suffi à précipiter son départ, alors que Porto pointait à quelques points du sommet. Depuis, son nom circule régulièrement, notamment en Turquie où la presse l’annonce parmi les candidats potentiels au Beşiktaş.
Son avantage principal : il connaît les exigences des grands clubs, la pression des résultats immédiats et les environnements où seule la victoire compte. Des paramètres qui, à une autre échelle, ne sont pas étrangers au contexte stéphanois.
La vraie question : encore un étranger après Horneland ?
Ces trois profils incarnent la vision internationale que Kilmer entend imprimer au projet stéphanois. Mais l’échec d’Eirik Horneland — lui aussi moderne et reconnu dans son pays — a rappelé que la Ligue 2 française possède ses propres codes, que tout technicien étranger découvre souvent à ses dépens. Faut-il persister dans cette stratégie ou revenir à un profil connaissant intimement les exigences du championnat ? La réponse donnera le ton de toute la saison 2026-2027.


