Au collège Léonard de Vinci de Saint-Romain-le-Puy, le mercure a grimpé jusqu’à 31,5°C dans certaines salles. Une chaleur qui dépasse le simple inconfort : fatigue accélérée, difficultés de concentration, risques sanitaires, élèves comme enseignants subissent de plein fouet des conditions d’apprentissage et de travail devenues difficilement tenables. Et les épisodes caniculaires, de plus en plus précoces dans le calendrier scolaire, laissent présager des situations encore plus fréquentes dans les années à venir.
Des recommandations jugées insuffisantes
Face à ces températures extrêmes, les enseignants attendent des réponses à la hauteur de l’enjeu. Mais les consignes transmises par l’Éducation nationale se résument, pour l’heure, à asperger les élèves d’eau, leur distribuer à boire et ouvrir les fenêtres. Des préconisations que Dimitri Millefiori, représentant syndical de la CGT Educ’Action 42 et enseignant d’histoire-géographie au collège Les Champs à Saint-Étienne, juge largement dépassées. Pour lui, la réponse passe par un programme ambitieux de rénovation thermique du parc scolaire français, un chantier colossal que les travaux de l’Alliance écologique et sociale chiffrent à 5 milliards d’euros par an pendant dix ans.
Des cours bitumées qui amplifient la chaleur
Le problème ne se limite pas aux bâtiments. Les cours d’école, encore largement recouvertes de goudron, fonctionnent comme de véritables îlots de chaleur en plein air. La végétalisation des espaces extérieurs est régulièrement citée comme l’une des solutions les plus accessibles pour offrir aux élèves des zones de fraîcheur. En attendant, certains enseignants n’ont d’autre choix que de pallier le manque de moyens en finançant eux, mêmes l’achat de ventilateurs, une situation que Dimitri Millefiori dénonce fermement.
Le paradoxe de cette situation tient aussi à sa dimension saisonnière inversée : les mêmes établissements qui étouffent l’été peinent à se chauffer l’hiver. Le collège Les Champs en a fait l’expérience cette année, contraint à une fermeture temporaire en raison de températures trop basses dans les salles de classe. Un double symptôme qui pointe vers un seul et même diagnostic : un parc immobilier scolaire vieillissant, inadapté aux exigences climatiques d’aujourd’hui et de demain.


