Un talus effondré, six mois d’arrê. Fin 2025, un glissement de terrain à proximité de Briennon fragilise le cuvelage de l’ouvrage d’art situé au lieu-dit Les Guittons. L’incident contraint Voies navigables de France à interrompre toute navigation sur l’ensemble du canal de Roanne à Digoin — une voie d’eau qui s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres entre la Loire et la Saône-et-Loire. Six mois plus tard, les bateaux sont toujours immobilisés.
Un chantier de grande ampleur sur une centaine de mètres
Depuis trois semaines, les équipes de VNF se sont attaquées à la portion endommagée. Pour travailler dans de bonnes conditions, deux batardeaux en argile — une terre naturellement imperméable — ont été édifiés afin de mettre complètement à sec la section concernée. Sur le fond bétonné ainsi dégagé, deux canalisations de grand diamètre ont été posées, permettant à la fois le maintien du débit d’eau entre l’amont et l’aval, la préservation de la faune aquatique et l’écoulement vers le canal latéral de la Loire.
Depuis ce lundi à la mi-journée, le dispositif est pleinement opérationnel. L’eau circule à nouveau sur l’intégralité du canal de Roanne à Digoin, et les tronçons en aval qui souffraient d’un manque d’alimentation devraient retrouver des conditions de navigation satisfaisantes. Pour autant, la réouverture complète à la plaisance n’est pas d’actualité : la saison estivale sera bien sacrifiée.
Une rénovation globale programmée sur dix ans
Cet épisode s’inscrit dans une série de défaillances qui frappe le canal depuis 2024 : une première fuite avait été constatée à Iguerande, en Saône-et-Loire, au printemps de cette année-là, suivie d’une seconde à Briennon en mars 2025. Face à la répétition des incidents, VNF avait annoncé en juillet 2025 un programme de réhabilitation structurel, estimé entre 13 et 15 millions d’euros sur dix ans, avec une première tranche de 5 millions d’euros dédiée au bief d’Artaix. Le lancement de ce premier chantier est envisagé pour 2027.


