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La cité des aînés de Firminy n’a jamais eu la vie facile. Imaginé dès février 2021 sous l’impulsion de l’ancien maire Julien Luya, ce projet de regroupement des trois établissements pour personnes âgées sur un site unique a essuyé les critiques de l’opposition pendant cinq ans. La signature de la convention entre la ville et ses partenaires en mars 2025, censée marquer le lancement définitif du chantier, n’avait fait qu’attiser les tensions. Puis Marc Petit a remporté les élections municipales de mars 2026, avec dans ses bagages une promesse de campagne claire : stopper le projet. Fin mai, son conseil municipal a voté un vœu de suspension et affiché l’intention de remunicipaliser les trois structures.
Une décision unilatérale qui fait bondir les partenaires
Pour Xavier Inglebert, président du directoire du groupe Deux Fleuves, et Thierry Esmilaire, codirecteur d’Aésio Santé, ce coup de frein brutal est inacceptable. Les deux dirigeants dénoncent une décision prise sans concertation, en dehors de tout accord commun, alors que le projet avait été construit en parfaite harmonie avec l’ensemble des partenaires, commune, État, Département, Carsat et opérateurs privés. Ils balaient par ailleurs l’hypothèse d’une remunicipalisation : le transfert du personnel municipal vers Aésio Santé est en cours et son processus est juridiquement irréversible. Les agents non-signataires ont jusqu’au 30 juin pour se positionner.
Un triple gâchis dénoncé
Les deux dirigeants ne mâchent pas leurs mots. Ils identifient trois niveaux de préjudice. Le premier concerne les 247 résidents actuellement accueillis dans des conditions qu’ils qualifient de précaires, et pour lesquels ce projet représentait une amélioration concrète de leur cadre de vie. Le deuxième touche au personnel, dont une partie du transfert vers Aésio Santé reste suspendue à des décisions individuelles d’ici la fin du mois. Le troisième est purement financier : Deux Fleuves et Aésio Santé ont déjà engagé 1,8 million d’euros dans des études, dépôts de permis de construire, diagnostics et plans. Une somme que la ville serait juridiquement tenue de rembourser.
La facture pour Firminy pourrait grimper bien plus haut. En intégrant la masse salariale d’une trentaine d’agents sur la période allant de juillet 2026 à fin 2028 — soit plus de deux années pleines —, les partenaires évaluent le coût total pour la ville à 4,8 millions d’euros, sans contrepartie. À cela s’ajoutent les coûts induits par tout retard éventuel : remboursements bancaires anticipés, nouvelles études, frais annexes. Un gouffre financier que les dirigeants brandissent comme un avertissement.
Une promesse de vente ignorée, une friche revendue sans concertation
La crispation monte encore d’un cran autour du foncier. Le projet devait s’implanter dans le quartier du Mas, sur le site du Centre technique municipal et sur la friche d’un ancien supermarché rachetée par Epora. Le groupe Deux Fleuves dispose d’une promesse unilatérale de vente sur ces deux terrains. Or lors d’une réunion en préfecture le 4 juin, le maire de Firminy aurait indiqué avoir déjà trouvé un repreneur pour la friche — sans en avoir informé les partenaires. Une révélation qui a profondément surpris et irrité Xavier Inglebert et Thierry Esmilaire.
Un engagement solennel malgré tout
Face à cette situation, les deux dirigeants choisissent la fermeté plutôt que la négociation à reculons. Ils réaffirment solennellement leur intention de mener le projet de cité des aînés à son terme, dans les conditions et les délais initialement prévus, quoi qu’il arrive. Leur message s’adresse autant aux résidents et à leurs familles qu’aux personnels concernés : le projet tient, et il se fera à Firminy. Le maire Marc Petit, sollicité par notre rédaction, n’avait pas encore répondu à l’heure de publication.


