Un supposé accrochage entre deux véhicules éclate alors. Une broutille en apparence, mais qui va rapidement se transformer en violente confrontation. L’un des hommes, Nasser Djaid, se dispute avec un des conducteurs. Les échanges deviennent tendus, les menaces fusent. Le prévenu reconnaît avoir porté des coups à mains nues avant de repartir précipitamment, son permis étant pourtant suspendu.
Le retour armé au domicile
Quelques heures plus tard, la sonnette de son appartement retentit. À l’intérieur se trouvent sa compagne et sa fille. Convaincu que la victime de la première altercation est revenue pour en découdre, Nasser Djaid saisit un couteau dans sa cuisine et descend à sa rencontre. « Je pensais qu’il y aurait une bagarre », explique-t-il à la barre, reconnaissant une décision prise sous l’effet de la peur et de l’impulsivité.
Une blessure grave, une vie en danger
Les images de vidéosurveillance d’une station-service proche confirment la violence de la scène. On y voit l’accusé poursuivre la victime, dont le tee-shirt blanc se teinte rapidement de rouge. Le coup de couteau a atteint le flanc, touchant à la fois le foie et un rein. L’homme blessé sera hospitalisé plusieurs semaines en soins intensifs, avec un pronostic vital engagé. Il affirmera plus tard ne pas avoir immédiatement compris qu’il avait été poignardé.
Un lourd passé judiciaire
Le parcours judiciaire de Nasser Djaid pèse lourd dans la balance. Son casier comporte 19 mentions, dont plusieurs pour violences aggravées. Il reconnaît avoir passé environ dix ans en prison au total. En 2013 déjà, il avait poignardé un ami lors d’une altercation survenue pendant une soirée de mariage. Jugé cette fois-ci en état de récidive, il affirme pourtant vouloir mener une vie plus calme depuis sa dernière condamnation en 2022.
Pour la substitut du procureur, Marie Nicourt, les faits sont clairs : l’intention de blesser et l’impulsivité doivent être sanctionnées. Elle requiert trois ans de prison, dont deux assortis d’un sursis probatoire, soit une année ferme. La défense, par la voix de Me Charlotte Dupuy, plaide la mesure : « Dix ans après, l’incarcérer n’aurait plus de sens. Une peine doit être juste pour être comprise. »
Un an ferme prononcé par le tribunal
Malgré cette plaidoirie, le tribunal correctionnel de Roanne suit les réquisitions du parquet. Nasser Djaid est condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis probatoire. Ayant déjà effectué huit mois de détention provisoire après les faits, il lui reste quatre mois à purger.

