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Le 9 septembre dernier, les élus de Dunières ont approuvé l’envoi d’une correspondance officielle au préfet de Haute-Loire pour contester vigoureusement le nouveau périmètre des zones forestières classées à risque incendie. Cette démarche collective, initiée conjointement avec la commune de Raucoules, exprime un refus catégorique de l’extension territoriale proposée par l’administration préfectorale.
Bernard Souvignet, président de la communauté de communes Haut Pays du Velay et maire de Raucoules, a rédigé le projet de lettre que Dunières a entériné après lecture, tout en se réservant la possibilité d’y apporter des compléments.
Une méthodologie de cartographie jugée défaillante
Les communes reprochent principalement à la préfecture d’avoir établi cette cartographie sans concertation préalable avec les élus locaux directement concernés. Cette critique porte notamment sur l’utilisation exclusive d’images aériennes parfois dépassées pour délimiter les périmètres à risque.
Robert Vallat, conseiller municipal de Dunières, dénonce cette approche : « Nous venons d’établir une cartographie détaillée respectant la réglementation sur les boisements, mais ces données ne sont pas intégrées. Nous constatons des inexactitudes manifestes sur les documents préfectoraux. » annonce t’il au Progrès.
Des spécificités territoriales méconnues
Dans leur correspondance, les municipalités soulignent leurs efforts déjà engagés pour adapter leurs territoires aux nouveaux défis climatiques et au risque incendie accru. Cependant, elles revendiquent la prise en compte des « particularités locales », estimant que leur situation diffère fondamentalement de celle des régions méditerranéennes.
Cette position reflète une volonté de nuancer l’application uniforme de mesures conçues pour d’autres contextes géographiques et climatiques.
Les obligations de débroussaillement au cœur des inquiétudes
Le classement en zone à risque implique automatiquement l’instauration d’Obligations légales de débroussaillement (OLD) que les communes jugent potentiellement problématiques. Selon leur analyse, ces contraintes pourraient générer des impacts environnementaux négatifs tout en créant des difficultés techniques et financières pour les collectivités et les propriétaires privés.
Ces obligations consistent concrètement à éliminer le bois mort, les broussailles et herbes sèches, supprimer les arbustes sous-bois, élaguer les arbres et évacuer tous les végétaux sectionnés dans un rayon de 50 mètres autour des constructions.
Un débat sur les priorités de protection
Robert Vallat soulève néanmoins une contradiction dans l’argumentaire municipal : « Cette lettre présente les OLD comme de simples contraintes, alors qu’elles visent la protection environnementale. » Il questionne même la stratégie opérationnelle des services de secours qui concentrent leurs moyens sur la défense des habitations, y compris non débroussaillées, au détriment de la lutte contre la propagation forestière.
Cette observation révèle les tensions entre protection du patrimoine bâti et préservation des espaces naturels.
Un contexte statistique préoccupant
Les données départementales rappellent que neuf incendies sur dix résultent d’activités humaines et que 80% des départs de feu se déclarent dans un périmètre de cinquante mètres autour des habitations. Ces statistiques justifient la focalisation réglementaire sur les zones périurbaines et l’interface habitat-forêt.
Dans la Loire voisine, la réglementation impose déjà ces obligations de débroussaillement aux propriétaires de constructions, après information préalable des propriétaires fonciers concernés.


