©42info Lionel Boucher UDI
Cette coalition inédite rassemble Les Républicains, l’UDI, le MoDem, Renaissance, le Parti radical, les radicaux de gauche et Horizon, témoignant d’une volonté de dépassement des clivages traditionnels face aux enjeux municipaux.
Une méthode démocratique pour désigner le leader
Pour choisir leur tête de liste, les membres du collectif ont fait appel à un institut de sondage reconnu, l’IFOP, démontrant leur volonté d’adopter une approche scientifique et transparente. Entre le 3 et le 8 septembre, 4000 à 5000 Stéphanois ont été contactés par téléphone, permettant de recueillir 600 déclarations valides selon des critères précis de représentativité.
Cette démarche originale vise à laisser les habitants choisir celui ou celle qui incarne le mieux leurs aspirations parmi les personnalités en lice : Quentin Bataillon (Renaissance), Zahra Bencharif (PRG), Alain Berthéas (Parti Radical), Lionel Boucher (UDI) et Dino Cinieri (Les Républicains). Les résultats, attendus vers le 15 septembre, détermineront la stratégie électorale de cette coalition.
Lionel Boucher : de l’exécutif à l’opposition radicale
Figure emblématique de cette recomposition politique, Lionel Boucher incarne parfaitement les bouleversements qu’a traversés la majorité municipale stéphanoise. Ancien adjoint au maire sous l’étiquette UDI, il s’est progressivement mué en l’un des plus farouches opposants à Gaël Perdriau, particulièrement depuis les révélations concernant l’affaire de la sextape.
Son analyse de la situation actuelle ne souffre d’aucune ambiguïté : « Je pense que si Gaël Perdriau fait son mea-culpa, il est cuit. Son château s’effondre. Malheureusement, il survit avec environ 30 personnes. C’est le phénomène de la secte. Les quelques personnes qui le soutiennent à la mairie sont des survivalistes qui ont gardé des indemnités pour tenir jusqu’à la prochaine élection. »
L’ancien adjoint estime que le maire aurait dû adopter une stratégie de retrait temporaire : « La sagesse aurait voulu qu’il se retire le temps de l’affaire. Je le lui ai dit. Il a refusé alors que cette mise à l’écart aurait pu le protéger la ville de Saint-Étienne. À force de mal parler au corps judiciaire, ça va finir par lui coûter. »
Une philosophie politique basée sur l’intelligence collective
Lionel Boucher défend une approche collaborative qui tranche avec les méthodes de l’équipe sortante : « Je crois en l’intelligence collective. Avec ce sondage, nous nous appuyons sur une méthode scientifique qui ne vise pas à opposer des personnes ni des courants politiques, mais simplement à savoir qui, aux yeux des Stéphanois, est le plus à même de porter l’union que nous proposons. »
Cette philosophie se traduit concrètement par une stratégie d’inclusion : « On va pouvoir rassembler toutes les personnes d’horizons différents qui veulent tourner la page Perdriau. Par contre, on ne voulait pas s’associer avec l’extrême droite et l’extrême gauche. Il fallait du monde pour aller de l’avant ensemble et sortir de l’affaire Perdriau pour penser aux futurs projets pour les habitants de Saint-Étienne. »
Un programme élaboré avec les citoyens
Le collectif a organisé plusieurs réunions de travail avec les habitants pour cerner leurs attentes et leurs mécontentements concernant la politique municipale actuelle. Cette démarche participative vise à construire un programme ancré dans les préoccupations réelles des Stéphanois.
« Contrairement à Gaël Perdriau qui préfère être un aigle au milieu des pigeons, notre méthode est différente : on veut fédérer les gens. On ne fait rien seul », explique Lionel Boucher. « Il faut s’entourer de femmes et d’hommes de talent qui ont des idées pour Saint-Étienne. C’est une force d’écouter les gens qui veulent améliorer Saint-Étienne. Ces personnes de la vie civile qui sont compétentes ont véritablement des choses à apporter. »
La sécurité : priorité absolue du futur programme
L’un des axes majeurs du programme en gestation concerne la sécurité, préoccupation centrale des habitants qui désertent le centre-ville. « Beaucoup de gens sont partis de Saint-Étienne pour aller dans la périphérie et certains habitants ne reviennent plus à Saint-Étienne parce qu’ils ont peur », constate l’élu d’opposition.
La réponse proposée s’articule autour de mesures concrètes : « Nous avons eu l’idée de créer une brigade canine municipale et une brigade qui interviendra au cœur de ville, afin que les gens aient envie de retrouver le chemin des commerces en centre-ville. »
Revitaliser un centre-ville en déclin
Le diagnostic établi par le collectif révèle une situation préoccupante : « On voit que Steel fonctionne bien mais que le cœur de ville se meurt. Le souci, c’est que les populations aisées sont parties à l’extérieur de la ville et il reste en partie des habitants moins aisés en centre-ville de Saint-Étienne. »
Cette paupérisation progressive du centre-ville s’accompagne d’une dégradation du tissu urbain : « Les immeubles se dégradent, les commerces de proximité disparaissent, et la peur s’installe. Tant et si bien que nombre d’habitants, particulièrement d’habitantes, préfèrent aujourd’hui les villes périphériques et ne viennent même plus faire leurs courses à Saint-Étienne. » L’objectif affiché consiste à inverser cette tendance en attirant à nouveau les populations aisées vers le centre-ville, créant un cercle vertueux de revitalisation commerciale et urbaine.
Sortir Saint-Étienne de son isolement politique
L’un des défis majeurs identifiés par l’opposition concerne l’isolement politique dans lequel se trouve la ville depuis l’éclatement de l’affaire Perdriau. « Aujourd’hui, Gaël Perdriau est isolé. Il n’y a pas un ministre qui souhaite venir à Saint-Étienne. Même les chefs d’entreprise qui seraient prêts à venir dans la ville ne sont pas prêts à rencontrer le maire », déplore Lionel Boucher.
Cette situation a des conséquences économiques directes : « Ça montre bien l’état d’isolement qu’on constate dans notre ville, et le pire, c’est qu’on a perdu le chemin des financeurs, mais aussi celui de l’État, de la région et du département. Même les chefs d’entreprise n’ont pas voulu se faire prendre en photo avec le maire de Saint-Étienne. »
Des projets d’infrastructure ambitieux
Le programme en cours d’élaboration comprend plusieurs projets structurants pour l’agglomération. Concernant les transports, l’extension du tramway vers le centre commercial Stéel constitue une priorité : « Il faut amener le tram dans ce quartier. Ce n’est pas une grande distance, donc économiquement c’est envisageable. »
L’aéroport d’Andrézieux figure également parmi les préoccupations : « Il y a un gros travail à faire pour faire tourner l’aéroport avec de belles destinations pour les entreprises, par exemple.
L’attente du verdict populaire
Le collectif « Saint-Étienne Ensemble 2026 » garde le cap sur son travail de fond en attendant les résultats du sondage qui désignera sa tête de liste. Cette période de préparation intensive vise à construire une alternative crédible et rassembleuse face à l’équipe sortante.
L’enjeu dépasse la simple alternance politique : il s’agit de redonner à Saint-Étienne sa place dans le concert des grandes villes françaises, de restaurer sa capacité d’attraction économique et de réconcilier les habitants avec leur centre-ville. Le défi est considérable, mais l’union des forces de droite et du centre autour d’un projet commun témoigne d’une volonté partagée de changement.
La désignation du candidat, prévue vers le 15 septembre, marquera une étape décisive dans cette reconquête annoncée de l’hôtel de ville stéphanois


