L’histoire de Jibril Tounsi montre l’engrenage implacable dans lequel tombent certains petits revendeurs. Condamné en juillet dernier lors d’une audience de comparution immédiate pour trafic de drogue, ce jeune Appelou s’est à nouveau fait prendre, cinq mois plus tard seulement, en possession de produits stupéfiants.
Une interpellation qui aggrave son cas
Lors de son contrôle, les forces de l’ordre ont découvert sur lui 85 grammes de cannabis, 50 grammes de cocaïne ainsi que plus de 1 000 euros en espèces. Des quantités qui ne laissent aucun doute sur son activité de revente. La situation du prévenu se complique singulièrement : en récidive, il encourt désormais jusqu’à vingt ans d’emprisonnement.
Face au tribunal, Jibril Tounsi tente de justifier sa rechute. « J’ai des dettes après la dernière histoire que j’ai eue. J’ai été obligé, c’est malheureux… » Une explication qui ne convainc pas le magistrat, qui lui rétorque avec sévérité : « Ce qui est malheureux, c’est que votre première dette n’est pas remboursée, et que vous venez d’en créer une deuxième. »
Le piège de l’endettement
Son avocate défend une lecture différente des faits, pointant du doigt un système qui broie les plus fragiles. « On peut le déplorer, mais on est face à une répétition de la même situation : des lampistes condamnés devant votre tribunal et qui se retrouvent avec une dette face à des trafiquants qui font régner la terreur », plaide-t-elle.
Elle insiste sur la dimension victimaire du parcours de son client, pris dans une spirale dont il ne parvient pas à s’extraire. « C’est quand même le parcours d’une victime. Quand on a une dette, on devient un esclave. On se retrouve à conserver des stupéfiants pour le compte d’autrui. »
Jibril Tounsi a été condamné à seize mois d’emprisonnement avec maintien en détention. Une peine qui reflète la gravité de la récidive et l’importance des quantités saisies, notamment les 50 grammes de cocaïne découverts en sa possession.

