Gaël Perdriau demande des cla­ri­fi­ca­tions sur le finan­ce­ment de Pass’Sport

Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, pré­sident de Saint-Etienne Métropole vient d’a­dres­ser un cour­rier à la ministre délé­guée aux sports, Roxana Maracineanu, à la suite du der­nier conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’Agence natio­nale du sport (ANS) au cours duquel il a été ques­tion de la créa­tion d’un Pass’Sport, un dis­po­si­tif, pré­sen­té comme une « aide mas­sive à la prise de licence », pen­sé comme devant béné­fi­cier aux familles les plus fra­giles éco­no­mi­que­ment et devant entrer en vigueur « dès l’été 2021 ».

La ministre délé­guée aux sports a par ailleurs pré­ci­sé que ce dis­po­si­tif pro­mis par le pré­sident de la République, devait être finan­ciè­re­ment sou­te­nu par l’Etat, avec un apport « com­plé­men­taire des col­lec­ti­vi­tés » qui appelle une demande de clarification.

Gaël Perdriau explique : “La pra­tique spor­tive est indis­pen­sable à notre quo­ti­dien (…). Il est incon­tes­table que le tis­su asso­cia­tif spor­tif, qui souffre notam­ment de la baisse de recettes liées à la tenue de mani­fes­ta­tions et du spon­so­ring, va devoir affron­ter une baisse forte du nombre de licen­ciés, plus ou moins mar­quée selon les sports”.

Et Gaël Perdriau de pour­suivre : “Si je peux par­ta­ger la volon­té du gou­ver­ne­ment d’encourager prin­ci­pa­le­ment la pra­tique spor­tive en club auprès des familles les plus fra­giles éco­no­mi­que­ment, toute ini­tia­tive en la matière ne peut mécon­naître ou més­es­ti­mer la capa­ci­té des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales à les sou­te­nir finan­ciè­re­ment (…). Les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales sont les pre­miers finan­ceurs du sport : elles assurent d’ores et déjà 80% du finan­ce­ment glo­bal du sport en France, le bloc com­mu­nal contri­buant à hau­teur de 66,5%. Par leur action quo­ti­dienne, les col­lec­ti­vi­tés apportent des sub­ven­tions aux asso­cia­tions spor­tives, rendent pos­sible la tenue des évé­ne­ments spor­tifs et assurent la construc­tion ain­si que la main­te­nance des équi­pe­ments spor­tifs (plus de 80% du patri­moine sportif) (…).

Depuis le début de la crise sani­taire, la Ville de Saint-Etienne a été aux côtés des acteurs du monde spor­tif. (…) Avec notam­ment le main­tien des sub­ven­tions aux asso­cia­tions ayant enga­gé des frais pour l’organisation de mani­fes­ta­tion, même si celles-ci ont été annu­lées ou repor­tées. (…) Chaque année, ce sont 14 mil­lions d’euros de sub­ven­tions et 6 mil­lions d’euros en mises à dis­po­si­tion de locaux et de maté­riels qui sont alloués aux asso­cia­tions spor­tives stéphanoises. 

Le dis­po­si­tif Pass’Sport, tel qu’évoqué par le pré­sident de la République le 17 novembre der­nier en pré­sence des acteurs du mou­ve­ment spor­tif, et pré­sen­té depuis par vos soins, fait craindre un impact fort et durable sur les finances des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, déjà lar­ge­ment mobi­li­sées pour le sport de proximité. 

De nom­breuses ques­tions sub­sistent sur la part “com­plé­men­taire” du finan­ce­ment du dis­po­si­tif qui serait dévo­lue aux col­lec­ti­vi­tés comme quel est le méca­nisme finan­cier envi­sa­gé ? Quels en seront ses grands prin­cipes ? Quelles garan­ties seront pré­sen­tées par le minis­tère de l’Education natio­nale, de la Jeunesse et des Sports, s’agissant d’un finan­ce­ment pérenne de l’Etat du Pass’Sport ?

Gaël Perdriau conclut : “Il n’est pas envi­sa­geable qu’à moyen terme, les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales deviennent les finan­ceurs uniques de l’aide. Un por­tage finan­cier unique, qui sur le prin­cipe serait incom­pré­hen­sible dans la mesure où le Pass’Sport a été pro­po­sé par le pré­sident de la République, aurait pour consé­quence de rendre impos­sibles des actions menées au niveau local, et qui cor­res­pondent par­fai­te­ment aux besoins et attentes des publics ciblés.

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