La chro­nique de Martial : Bons bai­sers du Cap d’Agde

Je n’ai jamais vrai­ment com­pris le délire de s’en­tas­ser au milieu des autres sur une plage par 40 degrés si ce n’est pas pour y faire un ape­ro avec les copains. Mais cette année j’ai vou­lu faire plai­sir à ma femme pour mar­quer le coup de nos vingt ans de mariage. J’ai loué du côté du Cap d’Agde une vil­la avec pis­cine bien fraîche dans laquelle je ne me baigne pas mais où je fais flot­ter les bou­teilles de Ricard.


 On a un seul gamin, Dylan, qua­torze ans et j’ai beau me remuer les méninges, je ne vois pas à quel moment on a failli dans son édu­ca­tion. On lui a payé le coif­feur pour lui faire une nuque longue mais il n’aime pas, il pré­fère aller au théâtre plu­tôt qu’au stade de France et le clou du spec­tacle : il lit des livres à lon­gueur de jour­née ! Moi la der­nière fois que j’ai tenu un bou­quin c’é­tait pour caler la table basse où poser les bières devant PSG-Lorient. 

On n’est pas des intel­los dans la famille, il faut bien l’a­vouer, mais ce n’est pas pour ça qu’on ne sait pas se tenir. On n’est pas des bêtes quand même ! Ma femme, Lucille, elle est tou­jours sur son por­table, un coup pour com­man­der  des gue­nilles sur Zalando, un autre pour dis­cu­ter avec son prof de Zumba… 

Je ne com­prends pas trop ce qu’ils font mais appa­rem­ment il lui donne des cours par­ti­cu­liers à son domi­cile plu­sieurs fois par semaine. Le por­table c’est bien une inven­tion débile, ça ne rem­pla­ce­ra jamais la télé­com­mande de la tv, enfin je me com­prends. Du coup je suis allon­gé en ce moment dans le sable sur une ser­viette chez les culs-nus entre ma femme qui pia­note sur ses touches et le fis­ton qui revi­site Proust… J’hésite encore à aller me trem­per les pieds au milieu des méduses ou à simu­ler une inso­la­tion. Ah je regret­te­rais presque la fête de l’Huma moi !

Martial Mossman

© Photo Wikipedia

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