La chronique de Martial : le cinéma à perdu de sa saveur

Bon nombre de films qui ont été projetés dans les années 70 seraient difficiles à produire aujourd’hui. La libération sexuelle a ouvert à l’époque le champ libre à des réalisateurs qui osaient encore défier le pouvoir ou choquer le bourgeois. « Les galettes de Pont-Aven » de Joël Séria ou « Calmos » de Bertrand Blier ne verraient jamais le jour aujourd’hui. Idem pour « Les Valseuses » qui serait assommé de plaintes d’associations et d’avalanche de haine sur les réseaux sociaux. On a laissé volontairement le 7ème art se vautrer dans un puritanisme ambiant.

Ces vieux films du cinéma français que l’on tente de ressusciter en réalisant des remakes ne valent pas les originaux. Claude Berri a réalisé en 1977 le film « Un moment d’égarement ». En 2015, Thomas Langmann a décidé de remettre au goût du jour le film de son père. Malgré un casting prometteur, la soupe manque de sel. Le remake au final est aseptisé, sage, bien-pensant.

 

Les studios hollywoodiens qui ne prennent plus de risques

De l’autre côté de l’atlantique, les remakes sont davantage légion. Jusqu’à l’écoeurement même. Fast and Furious 9, Rambo 5, Star Wars 12… Il ne manquait plus que Disney s’y mette en réadaptant ses classiques en live action.

La faute à qui ? Aux studios hollywoodiens qui ne prennent plus de risques et préfèrent un énorme blockbuster parfaitement cinégénique, mais sans fond, à un bon film d’auteur qui ne sera pas sûr d’actionner la rotative à billets. Jusqu’à parfois prendre le risque de passer à côté d’un retentissant succès, j’en veux pour preuve l’excellent « Joker » de Todd Phillips qui a bien failli de ne jamais voir le jour, apprend-t-on, à cause de la Warner qui ne croyait pas au projet dès le départ.

Les réalisateurs de génie tels Martin Scorcese et David Fincher n’ont plus rien à prouver. Et pourtant ! Ils ont dû faire appel à Netflix pour financer leurs derniers projets « The Irishman » et « Mank ». Comme chacun le sait, le cinéma actuellement est en crise après deux confinements. S’il veut pouvoir reconquérir le public, il devra impérativement se renouveler.

Martial MOSSMANN 

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