L’association PAZ (Projet Animaux Zoopolis) hausse le ton. Alors que cinq candidats aux municipales stéphanoises ont répondu à son appel en signant sa charte pour la cause animale, Marc Chassaubéné n’a toujours pas donné suite. Pour interpeller l’adjoint sortant, les militants de PAZ se mobiliseront jeudi 26 février à partir de 18h devant sa réunion publique, au 16 rue Royet, tracts et pancartes en main.
Un bilan contrasté selon les candidats
Parmi les cinq signataires, Valentine Mercier arrive largement en tête avec 22 mesures cochées sur 23, devant Siham Labich (21), Régis Juanico (16,5), Eric Le Jaouen (12) et Dino Cinieri (8). Les engagements varient sensiblement selon les candidats sur les sujets les plus clivants.
Sur l’exclusion du foie gras de la commande publique, l’unanimité est au rendez-vous : les cinq candidats y sont favorables. La création d’un budget dédié à la condition animale recueille quatre soutiens, Eric Le Jaouen faisant exception.
Les divergences s’accentuent sur des mesures plus symboliques. L’interdiction des salons animaliers dans les bâtiments municipaux, PAZ vise notamment le salon du chiot organisé deux fois par an au Parc Expo, est soutenue par Valentine Mercier, Siham Labich et Régis Juanico, mais rejetée par Dino Cinieri et Eric Le Jaouen. Les balades à poney sur le domaine public, pratiquées dans le parc Jean-Marc, ne trouvent qu’une seule candidate prête à les interdire : Valentine Mercier. Il en va de même pour le remplacement des feux d’artifice traditionnels par des alternatives moins traumatisantes pour les animaux, que seule la même candidate soutient.
À l’approche des élections municipales, l’association PAZ dresse un bilan en demi-teinte de la politique animale menée par la Ville de Saint-Étienne ces six dernières années. Des avancées notables, mais encore beaucoup de chemin à parcourir. La création d’une délégation à la condition animale avait suscité des espoirs. Six ans plus tard, PAZ reconnaît quelques progrès tout en pointant de nombreux chantiers inachevés.
Du côté des satisfactions, la Ville a confirmé ne pas recourir à des méthodes cruelles pour gérer les pigeons, s’est associée à la Fondation 30 Millions d’amis pour financer à moitié la stérilisation des chats errants, et a ouvert une maison des animaux dédiée à leur convalescence. Elle avait également pris position contre les animaux sauvages dans les cirques itinérants, contribuant à l’adoption de la loi de 2021 sur la maltraitance animale, et a adopté en mars 2024 un vœu contre la pêche au vif, technique particulièrement cruelle et déjà interdite dans plusieurs pays européens.
Ce qui reste à faire
Les points de friction sont néanmoins nombreux. La Ville continue d’accueillir deux fois par an un salon du chiot au Parc Expo, propriété municipale, alors que les refuges font face à une crise des abandons. Elle n’a pas engagé d’expérimentation de méthodes non létales pour la gestion des rats, n’a pas exclu le foie gras de sa commande publique et ne propose pas deux repas végétariens hebdomadaires dans la restauration scolaire. Les feux d’artifice traditionnels, aux effets documentés sur la faune sauvage et les animaux domestiques, sont toujours utilisés. Les balades à poney dans le parc Jean-Marc, que PAZ juge incompatibles avec l’éducation à la sensibilité animale, sont toujours autorisées, alors qu’elles ont disparu à Lyon et Marseille sous la pression de l’association. Pour PAZ, le prochain mandat devra être celui des actes.


