Le Méliès va jouer le classique de David Lynch

Lorsqu’à la fin des années 1970, David Lynch et son pro­duc­teur font le tour des stu­dios hol­ly­woo­d­i­ens avec le pro­jet d’Elephant Man, per­son­ne n’a envie de financer un film qui racon­te la vie d’un homme atteint de mul­ti­ples dif­for­mités, exhibé comme un mon­stre de foire. Ce dernier s’appelait Joseph Mer­rick, était bri­tan­nique et a vécu à la fin du XIXe siè­cle.

Âgé de 33 ans, David Lynch n’a alors signé que le déjan­té Eraser­head. Stu­art Corn­feld, pro­duc­teur et col­lab­o­ra­teur de Mel Brooks, lui pro­pose Ele­phant Man qu’il accepte instan­ta­né­ment. Mel Brooks, le roi de la par­o­die irrévéren­cieuse, doit don­ner son aval. Il aime le pro­jet mais ne con­naît pas David Lynch. Il se fait mon­tr­er Eraser­head. En sor­tant de la pro­jec­tion, il prend le cinéaste dans ses bras et lui dit: «Tu es fou, mais je t’adore. Tu es engagé.»

« Ele­phant Man », le chef d’œuvre human­iste de David Lynch ressort pour ses 40 ans

Ele­phant Man est tourné à Lon­dres. Le chef maquilleur, Christo­pher Tuck­er, reçoit l’autorisation de sor­tir du musée les moules faits sur le corps du vrai Joseph Mer­rick, à sa mort en 1890. À l’écran, il est incar­né par John Hurt qui venait de jouer dans Alien. L’acteur doit endur­er sept heures de maquil- lage par jour, ain­si que deux heures de plus pour tout retir­er.

Sor­ti en octo­bre 1980, Ele­phant Man reçoit huit nom­i­na­tions aux Oscars l’année suiv­ante. Depuis, il est entré dans l’histoire comme un des plus puis­sants plaidoy­ers pour la dig­nité humaine. Avec cette réplique déchi­rante : «Je ne suis pas un ani­mal ! Je suis un être humain !».

La ver­sion rés­tau­rée : un pari fou

C’est assez rare pour être noté. En tant que pro­duc­teur, Mel Brooks a lais­sé carte blanche à David Lynch pour adapter comme il le souhaitait les mémoires du médecin Fred­er­ick Treves à pro­pos de Joseph Mer­rick. Brooks comp­tait cer­taine­ment sur lui pour s’emparer de cette his­toire en la faisant dériv­er vers un onirisme inqui­et, comme en témoigne la sub­lime et cauchemardesque scène d’introduction dans laque­lle la mère de Mer­rick est ren­ver­sée par des éléphants.

Ele­phant Man au Méliès à Saint-Eti­enne du 22 juin au 7 juil­let 2020. De Davind Lynch avec Antho­ny Hop­kins, John Hurt et Anne Ban­croft.

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