Photo DR
Le propriétaire de la victime, traumatisé, retrouve sa chienne « en morceaux » en rentrant avec sa fille. Paradoxalement, l’étude comportementale ultérieure classe deux des trois molosses en niveau 1 (pas de risque) et le troisième en niveau 2 (dangerosité faible).
Suite à une nouvelle divagation deux jours après l’attaque, le maire Alain Godinot prend trois arrêtés interdisant la divagation des chiens. Selon Me Arielle Moreau, avocate des propriétaires, ces arrêtés n’auraient jamais été notifiés. Le 19 février 2024, un nouvel arrêté confie les trois animaux au Sanctuaire de la dernière chance à Ampus (Var) pour un dressage temporaire de deux mois.
Une destination finale inquiétante
Les trois rottweilers devaient initialement intégrer la section des Black-Bird pour partir en Afrique en section anti-braconnage, dès que la responsable du refuge le jugerait opportun. Cette perspective pousse les propriétaires à multiplier les recours judiciaires, notamment pour annuler la clause d’euthanasie sans délai en cas de danger grave et immédiat.
Le 18 avril 2024, après avoir prouvé que les chiens ne présentaient plus de danger et réalisé les travaux nécessaires, les propriétaires récupèrent leurs animaux moyennant 17 839 euros versés au refuge. « Mes clients ont versé toutes leurs économies et ont renoncé à l’acquisition d’une voiture », souligne Me Moreau au Progrès, qui dénonce un montant de « près de 300 euros par jour pour trois chiens, alors qu’en principe, on est autour de 10 euros par jour et par chien ».
Un refuge mis en cause
Des articles de presse révèlent que le Sanctuaire de la dernière chance fait l’objet d’une enquête suite au décès du poney Obélix et à une plainte de la Confédération nationale de défense de l’animal. La gérante, mise en cause pour plusieurs manquements dans la prise en charge des animaux, doit être jugée le 12 mai prochain à Draguignan.
Les propriétaires réclament 25 000 euros de dommages-intérêts à la mairie, estimant que le maire a manqué à son obligation de vérifier la qualité du lieu de dépôt avant d’y placer les chiens. Me Moreau pointe la responsabilité du maire, « responsable de la police des animaux errants et des animaux dits dangereux ».
Le maire assume ses décisions
Alain Godinot défend ses choix : « Les chiens divaguaient depuis un certain temps et on a fait en sorte qu’ils ne divaguent plus. Quand on est maire, on cherche à avoir la paix dans le village et préserver les enfants d’éventuelles morsures. » Il explique avoir été contacté par le Sanctuaire après le refus de la SPA de Roanne.
L’affaire se complique avec un nouvel incident : le 28 novembre, la chienne Tokyo mord sérieusement un cycliste près de la SPA de Roanne. Un arrêté d’euthanasie est pris puis attaqué par la CNDA devant le tribunal administratif de Lyon, qui déboute l’association. Un recours devant le Conseil d’État est pendant.
Des négociations en cours pour Tokyo
Le maire de Roanne se dit prêt à renoncer à l’euthanasie de la malinoise de 6 ans si elle est placée dans le refuge spécialisé de l’association Hathi en Loire-Atlantique. Mais Me Moreau préfère maintenir l’animal dans son refuge actuel sur la Côte d’Azur, estimant qu’il n’y représente plus de danger pour la population roannaise.

