Ces chèques lui ont permis de régler des achats et des factures de fioul dans la région stéphanoise. Face aux magistrats, le prévenu a tenté d’expliquer sa démarche : « J’avais des difficultés à certaines périodes. Mon but n’était pas d’escroquer ou de gagner de l’argent, mais plutôt de gagner du temps pour rembourser plus tard. » Son avocat, maître Jean-Pierre Galichet, a appuyé cette version en précisant que « les trois quarts de la somme totale ont été remboursés » et que son client « avait déjà commencé à régler ses dettes avant son arrestation ».
Un casier judiciaire lourd qui trahit un mode de vie
Cependant, l’examen du casier judiciaire du quinquagénaire révèle une autre réalité : dix-sept mentions y figurent déjà. « La majorité pour des faits similaires, ce qui laisse penser que Monsieur a fait de l’escroquerie son mode de vie », a souligné la procureure Marielle Romier. Cette récidive systématique contredit largement l’argument de difficultés passagères avancé par la défense. Malgré la gravité des faits et la récidive caractérisée, le tribunal a tenu compte des efforts de remboursement effectués par le prévenu. La condamnation prononcée est de 210 heures de travail d’intérêt général, assortie d’une interdiction d’émettre des chèques pendant trois ans. Cette sanction relativement mesurée témoigne de la volonté du tribunal de favoriser la réinsertion tout en sanctionnant fermement les agissements frauduleux.
Une interdiction qui vise à casser le cycle
L’interdiction d’émettre des chèques pendant trois ans vise à briser ce cycle de dépendance à l’escroquerie. Cette mesure, couplée aux travaux d’intérêt général, devrait obliger le condamné à trouver d’autres moyens de gérer ses difficultés financières et potentiellement l’orienter vers des solutions légales d’accompagnement social.

