Les axes routiers départementaux essentiels, notamment les RD1086 et RD7, demeurent gravement affectés, perturbant quotidiennement la vie de milliers d’habitants, d’entreprises et d’associations. Le Département de la Loire, responsable de ces infrastructures depuis le transfert de compétences à Saint-Étienne Métropole il y a cinq ans, fait face à un défi considérable. Sur les cent chantiers de réparation recensés suite aux inondations du 17 octobre, seulement trente ont été achevés ou sont en cours de réalisation à ce jour.
Une facture de 7 millions d’euros
Jérémie Lacroix, vice-président aux transports et aux finances du Département, évalue le coût total des réparations à 7 millions d’euros. Cette somme, bien qu’inférieure aux premières estimations, représente un poids financier considérable pour la collectivité, particulièrement dans un contexte budgétaire déjà tendu. Le soutien financier reste limité : les assurances ne couvriront qu’environ 500 000 euros, soit moins de 10% du montant total nécessaire. Cette faible prise en charge contraint le Département à assumer l’essentiel des coûts de reconstruction.
L’aide de l’État en suspens
Concernant la dotation de solidarité spécifique aux collectivités touchées par des événements climatiques (DSEC), le Département se trouve dans une situation paradoxale. Théoriquement non éligible car ses dégâts représentent moins de 2% de ses dépenses de fonctionnement, il a sollicité une dérogation en arguant que 70% de son budget est consacré à des compétences de solidarité nationale imposées par l’État.
L’instruction de cette demande dérogatoire devrait aboutir fin juillet-début août, tandis que trois communes du Pilat (Saint-Julien-Molin-Molette, Chavanay et Pélussin) ont déjà bénéficié d’avances totalisant 549 000 euros.
Mercredi, le Département a organisé une rencontre à Chavanay en présence de la préfecture pour informer les élus locaux, habitants et entreprises de l’avancement des travaux. Cette initiative visait à expliquer les raisons des délais et à rassurer sur l’engagement de la collectivité.
Jérémie Lacroix a souligné que de nombreuses phases préparatoires restent invisibles. Le pont de Chorieux, entièrement détruit, nécessite une reconstruction totale prévue sur 3 à 4 ans. Des études hydrauliques approfondies sont menées pour concevoir un ouvrage plus résistant aux futurs épisodes climatiques extrêmes.
Un projet d’ouvrage provisoire est à l’étude pour rétablir rapidement la circulation, avec un objectif de mise en service en septembre. La solution initialement envisagée (pont de secours du centre national) s’est révélée inadaptée en raison de la configuration en virage du site.
Les expertises du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) ont confirmé la possibilité de renforcer structurellement l’ouvrage existant fragilisé au niveau du pont sur la Valencize. Les travaux devraient débuter dans les prochains mois. La route départementale 503 fait l’objet d’une attention particulière pour restaurer la connexion entre le Pilat et la vallée du Rhône, axe vital pour l’économie locale.
Un objectif ambitieux : achèvement fin 2026
Le Département vise la finalisation de l’ensemble des chantiers nécessaires d’ici fin 2026, tout en précisant que cette échéance constitue un objectif plutôt qu’une certitude. Cette approche prudente reflète la complexité technique des réparations et la volonté de construire des infrastructures plus résilientes.
L’enjeu dépasse la simple réparation : il s’agit de concevoir, en collaboration avec les services de l’État et le Syndicat des Trois Rivières, des infrastructures capables de résister aux futurs événements climatiques extrêmes, dans un contexte où ces phénomènes tendent à s’intensifier.

