Rencontre avec Gaël Faye à l’occasion du fes­ti­val Paroles et Musiques

C’est l’un des chan­teurs très atten­dus du fes­ti­val Paroles et Musiques 2018. Artiste mon­tant de la scène hip-hop française, Gaël Faye a eu le pri­vilège de rece­voir aux Victoire de la Musique le prix Révélation de la scène 2018. Le chan­teur garde la tête sur les épaules car il sait que le public qui le suit depuis quelques années aime la sim­pli­ci­té de son personnage.

En 2016, il crée la sur­prise avec la sor­tie d’un livre.« Petit pays » raconte la vie d’un petit garçon du Rwanda qui assiste au génocide.Il y a bien sûr une part de vécu pour le chan­teur né en 1982 au Burundi, d’une mère rwan­daise et d’un père français. Mais ce livre reste un roman « même si bien sûr, dans ce livre, il y a mes sou­ve­nir et mes émo­tions mais ça reste une fic­tion ». Le livre « Petit Pays » a rem­por­té de nom­breux prix dont le Goncourt des lycéens. « Le roman, c’est quelque chose de très soli­taire, alors que les chan­sons, c’est un tra­vail de groupe. On a tous besoin, à cer­tains ins­tants, de soli­tude et à d’autres de socia­bi­li­té. Ces deux formes per­mettent d’osciller entre deux états ».

 

 

Rythmes et Botanique est son der­nier album. « Botanique » car c’est l’idée du pia­no droit que l’on retrouve sur l’album. « C’est pour le côté orga­nique de l’instrument. On a posé de nom­breux micros sur ce pia­no pour cap­ter tous les sons de l’instrument jusqu’à ses grin­ce­ments. Mais cette idée de bota­nique vient aus­si d’une visite au jar­din bota­nique de Lisbonne. Il y avait un arbre, Ficus Elastica, qui avait des branches et des racines qui s’entremêlaient et ça me fai­sait pen­ser aux câbles de micros et de gui­tares qui s’entremêlent par­fois sur scène ».

Rythmes et Botanique est très dif­fé­rent de son album pré­cé­dent dans lequel il avait réuni près d’une tren­taine de musi­ciens. « C’était une expé­rience extra­or­di­naire pour l’enregistrement de l’album, mais, en concert, on ne pou­vait pas être tous sur scène ». Gaël Faye a donc sou­hai­té pour ce nou­vel album une ambiance plus inti­miste. « Concernant l’écriture, que ce soit pour mon livre ou pour ce disque, ça reste très lié. En France, on reste dans une culture sacrée du lit­té­raire. On porte beau­coup plus d’importance à l’écriture roma­nesque, beau­coup plus qu’à l’écriture de chan­son. C’est dom­mage. J’étais bien heu­reux qu’on donne un prix Nobel de lit­té­ra­ture à un chan­teur comme Bob Dylan. Ça place la chan­son dans une œuvre lit­té­raire et c’est une bonne chose ».

 

Sur la scène du Fil ce jeu­di 28 juin 2018, à l’occasion du fes­ti­val Paroles et Musiques,le pia­niste et trom­pet­tiste Guillaume Poncelet l’accom­pa­gne­ra. Ce der­nier a col­la­bo­ré avec MC Solaar, Claude Nougaro, Stevie Wonder, Earth, Wind & Fire… Gaël Faye aura aus­si à ses côtés Louxor, un machi­niste qui vient de la musique élec­tro­nique. Il rem­place sur scène son ami DJ Blanka qui ne pou­vait être pré­sent à Saint-Etienne. Blanka apporte sur le der­nier album une ryth­mique et des sons élec­tro­niques sans déna­tu­rer l’esprit de ce disque pia­no-voix. « Mais sur ce pro­jet on reste vrai­ment sur des par­tis du pia­no et du texte ».

L’avenir, Gaël Faye tra­vaille sur deux nou­veaux romans. Un nou­vel album est aus­si à venir. « Je fais tout cela pour prendre du plai­sir. Le chan­teur est un épicu­rien, tout ce qu’il fait est un diver­tis­se­ment, mais tou­jours avec un gros tra­vail. Son roman « Petit Pays » va être adap­té au ciné­ma par un réa­li­sa­teur français « Je ne peux pas en dire plus pour le moment ». Le chan­teur reste mys­té­rieux « pour des rai­sons contrac­tuelles » nous explique-t-il.

Autre pro­jet impor­tant, une col­la­bo­ra­tion avec Julien Clerc « j’ai écrit quelques titres pour Julien, ils pour­raient appa­raître sur son pro­chain album ».

 




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