Rive-de-Gier : un enfant gravement agressé — Notre dossier sur le harcèlement scolaire



Au col­lège François Truf­faut de Rive-de-Gier, un jeune de 13 ans a été passé à tabac par des élèves de 3eme le 15 sep­tem­bre dernier. Le jeune ado est sous le choc. Et pour l’équipe péd­a­gogique, c’est un événe­ment inac­cept­able.

Les fait se sont déroulés dans les toi­lettes du col­lège. Le jeune garçon s’est vu pre­scrire 10 jours d’ITT. Les auteurs des vio­lences, une fille et deux garçons, vont être présen­tés à un juge pour enfants.

Prévenir le har­cèle­ment

Pour prévenir le har­cèle­ment sco­laire : de manière générale, il faut être atten­tif à tout change­ment de com­porte­ment, sans drama­tis­er, mais sans non plus min­imiser les faits. En cas de doute, il est impor­tant d’en dis­cuter avec son enfant et l’inciter à se con­fi­er. 

Voici quelques repères :

L’en­fant ne veut plus aller à l’é­cole. Le har­cèle­ment sco­laire a des con­séquences sur la vie quo­ti­di­enne de l’en­fant. “Un élève qui, soudain, n’a plus envie d’aller en classe, ou traîne les pieds, n’est pas un tire-au-flanc”, explique Nora Fraisse dans son guide “Stop au Har­cèle­ment !” 

Il faut en effet porter atten­tion à ce mal-être qui peut se car­ac­téris­er par une dif­fi­culté à se lever le matin, un rejet de l’é­cole, l’en­vie de rester à la mai­son, la crainte de pren­dre l’au­to­bus sco­laire, des retards ou des deman­des d’ar­gent. Votre enfant peut ain­si vous deman­der de l’ac­com­pa­g­n­er, excep­tion­nelle­ment, devant la porte de l’é­cole, jusqu’à ce que les grilles s’ou­vrent. Ou de venir le chercher à la sor­tie le soir.

L’en­fant est mar­qué de bleus, son matériel détéri­oré. Il a beau vous répéter qu’il est tombé sans faire exprès, votre enfant n’est pas à ce point mal­adroit. Son matériel est régulière­ment van­dal­isé, il vous demande une nou­velle trousse car la sienne a pris l’eau (acci­den­telle­ment), il perd ses cahiers, son man­teau, il ren­tre à la mai­son avec des tach­es de boue ou des blessures… 

L’en­fant est épuisé et présente des trou­bles. Sa peur de se ren­dre en classe et d’af­fron­ter de nou­veau ces élèves qui le mal­trait­ent peut se trans­former par des angoiss­es, des maux de ven­tre, des pleurs, des énurésies ou des nausées. Il doit con­stam­ment rester sur ses gardes, être vig­i­lant à son envi­ron­nement et cela l’épuise. “Il peut égale­ment faire des cauchemars, dévelop­per de l’eczé­ma, per­dre ses cheveux, avoir des dérè­gle­ments hor­monaux, notam­ment pour les filles (retard de règles par exem­ple), voire un retard de crois­sance”, expli­quait la psy­cho­logue Hélène Romano.

A la mai­son, il peut aus­si paraître absent et soucieux, être agité, se plain­dre, avoir une perte d’ap­pétit ou encore devenir irri­ta­ble et agres­sif. L’en­fant est isolé. Un enfant vic­time de har­cèle­ment se retrou­ve seul face à ses harceleurs. “Il n’est pas invité aux anniver­saires de ses petits cama­rades, et n’a les coor­don­nées de per­son­ne. D’ailleurs, s’il manque un cours et qu’il souhaite le rat­trap­er, il ne saura pas qui con­tac­ter”, pré­cise Hélène Romano. Il aura ten­dance à jouer seul et à se met­tre en retrait, par­fois même à se cacher dans les toi­lettes ou au CDI pen­dant la récréa­tion, à manger en vitesse à la can­tine pour mieux se réfugi­er ensuite. Il tâchera d’éviter les endroits fréquen­tés par ses cama­rades de classe, et ne voudra pas fêter son anniver­saire à la mai­son.

L’en­fant est en échec sco­laire. La vic­time peut aus­si avoir des dif­fi­cultés à se con­cen­tr­er en classe. L’é­cole, cen­sée être l’en­droit où l’en­fant se sent pro­tégé devient alors dan­gereux pour lui. Per­tur­bé par ce qu’il se passe autour de lui, par les mau­vais­es nuits passées et par sa crainte con­stante… l’en­fant a du mal à rester atten­tif. Il décroche, et cela se ressent dans ses résul­tats sco­laires. Lorsqu’il est en âge de le faire, il ira jusqu’à séch­er les cours, sans aver­tir per­son­ne. En atten­dant, il ten­tera d’éviter ses agresseurs en étant sys­té­ma­tique­ment en retard ou absent.

Com­ment en par­ler avec son enfant ?

Il faut savoir qu’un enfant vic­time d’har­cèle­ment n’osera pas ou dif­fi­cile­ment en par­ler de lui-même à ses par­ents. Et même si ce n’est pas lui qui abor­de le sujet, il ne répon­dra pas la vérité de peur de décevoir. A la ques­tion (un peu trop directe) “es-tu harcelé à l’é­cole ?”, l’en­fant répon­dra “Non”, ou con­firmera que tout se passe bien à l’é­cole… Une manière de ras­sur­er son entourage qui s’in­quiète à son sujet. Donc plutôt que d’en par­ler trop directe­ment avec lui, Hélène Romano, psy­chi­a­tre pour enfants, con­seille de par­ler de ce que l’on ressent en tant que par­ent et d’abor­der le sujet de manière à ne pas impli­quer son enfant directe­ment : “Je sais que dans cer­taines écoles, il y a des cas de har­cèle­ment… Je me demandais si dans ton école, c’é­tait la même chose et s’il y avait des enfants qui t’embêtaient par­fois ?”. Il faut égale­ment que le dia­logue soit con­struc­tif, con­seille la psy­cho­logue. L’en­fant doit com­pren­dre qu’il peut compter sur ses par­ents et que dans un tel cas, ils seraient présents pour l’aider, le soutenir, et faire les démarch­es néces­saires pour que ce har­cèle­ment s’ar­rête. 



Le saviez-vous ?

Un numéro d’appel nation­al “Non au har­cèle­ment” 3020 est mis en place par le min­istère en parte­nar­i­at avec l’association l’École des par­ents et des édu­ca­teurs d’Ile de France. Des con­seillers-psy­cho­logues, juristes, con­seillers sco­laires sont à votre écoute du lun­di au ven­dre­di de 9h à 20h et le same­di de 9h à 18h toute l’année Ils vous écouteront, vous don­neront des con­seils et pour­ront vous pro­pos­er de pren­dre con­tact avec les référents académiques ou départe­men­taux, au sein de votre académie.



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