Tout commence samedi 8 novembre à 0h10. Un appel au 17 signale deux individus suspects près de garages à Roanne. Un équipage de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) se rend sur place et repère effectivement deux hommes. L’un d’eux monte sur un scooter et prend la fuite.
Gyrophare et signal sonore activés, la poursuite s’engage. Elle durera une trentaine de minutes entre Roanne, Le Coteau, Riorges et Mably. Pour échapper aux policiers, le pilote multiplie les infractions : vitesse excessive, stops grillés, giratoire emprunté à contresens, circulation en rue piétonne.
Il remonte même sur son scooter après une chute. Les fonctionnaires affirment également l’avoir vu jeter volontairement deux casques en direction de leur véhicule. Renforcée par un équipage de la police municipale, la course se termine à Mably, devant un immeuble où le fuyard abandonne son scooter.
Interpellation et contradictions
L’homme est identifié et localisé. Il est interpellé samedi matin dans l’appartement d’une parente. Sorti de prison en juillet, il porte un bracelet électronique dans le cadre d’un aménagement de peine.
Dans un premier temps, il nie tout, puis finit par reconnaître la fuite et le fait de conduire sans être titulaire du BSR (Brevet de sécurité routière) un scooter non assuré. En revanche, il conteste avoir volontairement jeté les casques sur la route.
Au tribunal, la voix chevrotante et parfois en pleurs, il maintient sa version. Il explique sa fuite par la crainte d’être rattrapé par des hommes qu’il pensait ne pas être des policiers mais des individus lui en voulant suite à son séjour en détention. Il sera relaxé du délit de violences envers les policiers.
Un lourd passif judiciaire
La procureure ne croit pas à sa version : « Il cherche bien à fuir le contrôle parce qu’il sait qu’il n’a aucune légitimité à se trouver là. Les policiers disent qu’il a jeté les casques volontairement en se retournant. » Elle s’appuie sur la matérialité des faits, l’état de récidive avec une condamnation en 2022 pour des faits similaires par le tribunal de Privas (Ardèche), et les 14 condamnations inscrites à son casier entre 2020 et 2024. Elle requiert 18 mois dont 6 avec sursis probatoire et un maintien en détention.
L’avocate plaide un comportement irrationnel lié à la peur et soutient la version de son client concernant les casques. « Il voit les policiers et il panique. Il les amène jusque chez lui. S’il avait voulu les fuir il n’aurait pas fait ça. » Si elle reconnaît que « cette audience doit être pour lui l’occasion de prendre conscience des choses », elle estime la partie ferme requise trop élevée.
La condamnation
Le tribunal a suivi partiellement la défense en condamnant le prévenu à 12 mois de prison dont 6 avec un sursis probatoire pendant 2 ans, assorti d’un maintien en détention.
La peine comprend également :
- Des obligations de soins en addictologie et d’ordre psychologique
- Un travail d’intérêt général de 105 heures
- Une amende de 100 euros pour l’absence de BSR et le défaut d’assurance

