Elvis Bonnet navigue sur les réseaux sociaux avec une présence démultipliée : trois comptes Facebook totalisant plus de 17 000 abonnés. Cette stratégie digitale comprend un profil personnel traditionnel, une page initialement destinée à générer de l’audience mais aux résultats décevants, et un compte officiel « Bonnet Elvis » où il affiche clairement ses responsabilités de représentant cantonal pour le Rassemblement National. Cette exposition massive sur les plateformes numériques lui offre une tribune considérable, qu’il utilise pour partager ses opinions politiques et ce qu’il qualifie d’humour.
Des publications qui font débat
Parmi les contenus les plus controversés figure une image détournée de la série coréenne « Squid Game », accompagnée d’un défi ironique concernant les innovations algériennes. Cette publication du 3 août a déclenché une avalanche de commentaires hostiles envers la communauté algérienne, dont certains ont été supprimés par l’auteur lui-même pour leur caractère explicitement raciste.
Le quadragénaire justifie cette approche par une volonté humoristique et une réaction à certaines revendications historiques qu’il juge excessives. Il cite notamment l’exemple du fer de la Tour Eiffel, revendiquant l’origine lorraine du matériau contre les affirmations de provenance algérienne.
Un parcours politique discontinu
L’engagement politique d’Elvis Bonnet remonte aux années 2000, marqué par son adhésion au Mouvement National Républicain de Bruno Mégret, né de la fracture avec Jean-Marie Le Pen. Cette appartenance l’avait mené aux élections cantonales de 2004 à Roanne Nord, où il avait obtenu un score modeste de 1,87% des voix au premier tour.
Après une interruption prolongée de son activité politique, le militant revendique aujourd’hui son retour sur la scène électorale locale, motivé par sa volonté de « tourner la page Nicolin » dans la cité ligérienne.
Une stratégie de liste en construction
Malgré les polémiques, Elvis Bonnet poursuit méthodiquement la constitution de sa liste municipale. Il affirme avoir déjà rassemblé 25 candidats potentiels sur les 39 nécessaires, reconnaissant ses difficultés à recruter des candidates féminines pour compléter son équipe.
Cette recherche s’effectue dans un contexte où il se présenterait comme seul prétendant à la tête de liste RN pour les municipales roannaises, après avoir rencontré la commission d’investiture du parti.
Un positionnement idéologique assumé
Au-delà des controverses sur les réseaux sociaux, Elvis Bonnet n’hésite pas à afficher ses préférences idéologiques. Ses comptes regorgent de contenus soutenant l’action de Vladimir Poutine en Russie, qu’il justifie par une approche nuancée refusant les visions manichéennes.
Il exprime également son admiration pour Jean-Marie Le Pen, figure qu’il respecte profondément malgré ses divergences passées avec le cofondateur du MNR Bruno Mégret.
Des cibles récurrentes dans ses « plaisanteries »
L’analyse de ses publications révèle une récurrence dans le choix de ses cibles humoristiques : les femmes, les personnes transgenres, les électeurs de gauche et les Algériens constituent les sujets privilégiés de ses « blagues » publiées devant ses milliers d’abonnés.
La candidature potentielle d’Elvis Bonnet s’inscrit dans un paysage politique roannais en mutation, où la gauche locale travaille également à l’élaboration d’un programme commun pour les prochaines échéances électorales.


