Un dispositif de surveillance est aussitôt mis en place. Les agents observent plusieurs allées et venues suspectes, dont celles du prévenu, qui entre dans la maison avant d’en ressortir quelques minutes plus tard et de reprendre le volant d’un véhicule avec deux autres passagers.
Intercepté au Coteau, le portrait d’un consommateur assumé
La filature s’achève au Coteau. Sur le prévenu, les policiers trouvent 9,8 grammes de cocaïne et 11 grammes de résine de cannabis, qu’il revendique comme sa consommation personnelle du week-end partagée avec un proche. Il a également 950 euros sur lui ; 450 euros supplémentaires seront retrouvés à son domicile, mais sans stupéfiants. Dans le même temps, les enquêteurs interpellent le couple occupant la maison de la rue Nicolas-Benoît. La perquisition des lieux est éloquente : 36 grammes de cocaïne, une centaine de grammes de cannabis, des sachets de conditionnement et des balances de précision sont saisis. Le couple reconnaît avoir mis son garage à disposition de trafiquants en échange d’une rémunération et de livraisons de courses.
Des indices troublants, mais insuffisants pour le trafic
Le couple désigne le prévenu comme participant au trafic. Les sachets de conditionnement retrouvés sur lui sont identiques à ceux de la maison, et la qualité du cannabis est similaire. Son refus de communiquer le code de déverrouillage de son téléphone alimente les soupçons du procureur, qui pointe une mauvaise foi manifeste et requiert dix-huit mois dont huit avec sursis probatoire.
Mais la défense, assurée par Me Émeline Raquin, démonte méthodiquement le faisceau d’indices. Aucun antécédent pour trafic de stupéfiants, trois condamnations uniquement pour délits routiers, et une somme d’argent expliquée par l’indemnisation d’un accident survenu deux ans plus tôt. Quant au refus de déverrouiller le téléphone, l’avocate souligne qu’il ne saurait constituer à lui seul la preuve d’une implication dans un réseau.
Une relaxe partielle, une peine néanmoins ferme
Le tribunal suit partiellement la défense et relaxe le prévenu du chef de trafic de stupéfiants. Il le condamne néanmoins à douze mois de prison dont six ferme sous bracelet électronique pour les autres délits retenus, assortis d’obligations de soins, de travail et d’interdiction de contact avec les autres protagonistes de l’affaire. Un rodéo à motocross rue de Charlieu, au cours duquel il avait tenté de semer les gendarmes, lui vaut par ailleurs une condamnation à 100 jours-amendes à dix euros l’unité. Le propriétaire de la maison-relais, âgé de 43 ans, écope de la même peine principale : douze mois dont six ferme sous bracelet électronique. Son épouse, elle, est relaxée.


