Ridge Babale Nzamungini présente un casier judiciaire conséquent, débutant par des condamnations pour violences prononcées par le tribunal pour enfants, suivi d’une série d’infractions sanctionnées en correctionnelle, dont une peine de trois ans ferme pour de nouvelles violences. Interrogé sur ce parcours par le président du tribunal François-Xavier Manteaux, il évoque son histoire personnelle : arrivé en France à 10 ans comme mineur non accompagné fuyant la guerre au Congo, placé à l’Aide sociale à l’enfance puis rejoint par sa mère. « J’ai un rapport avec la violence qui n’est pas simple. J’ai grandi dans un pays qui m’a imprégné », tente-t-il d’expliquer.
Une altercation qui dégénère
Le 9 juillet 2025, dans un établissement de la place Jules-Guesde, le prévenu croise un compatriote avec qui il avait eu un différend quinze jours auparavant. Selon la victime et un témoin, Ridge Babale Nzamungini lui a porté un coup de couteau à l’avant-bras sans même engager la discussion. L’accusé conteste fermement cette version : il affirme s’être rendu simplement au bureau de tabac voisin pour acheter des cigarettes, sans entrer dans le bar. Selon lui, c’est la victime qui l’aurait attaqué avec un cutter, et la blessure serait survenue lorsqu’il a tenté de lui arracher l’arme.
Des débats contradictoires
Me Laurence Convers, avocate de la partie civile, souligne que son client « s’en est déjà pris à quelqu’un d’autre dans ce bar, c’est récurrent ». Le procureur Amel Jakupovic dénonce « des faits d’une violence inquiétante et le mépris pour les conséquences de ses actes sur la vie humaine », rappelant que « on lui tend la main depuis des années pour qu’il traite ses problèmes de violence ».
La défense, assurée par Me Morgan Bescou, conteste la solidité du dossier : « En termes d’investigation, on est proche de zéro. Il n’y a pas eu d’enquête de voisinage, pas de fouille du plaignant pour vérifier s’il portait un cutter. L’altercation a eu lieu parce que le plaignant décide de venir à son contact. »
Le tribunal a prononcé une peine de vingt-quatre mois d’emprisonnement, dont douze mois ferme assortis d’un sursis probatoire, ainsi qu’une interdiction de séjour à Saint-Étienne pour trois ans. Le prévenu reste incarcéré.
Cette condamnation englobe également des dégradations commises en octobre au domicile de son ex-compagne : refusant d’être accueilli, il avait défoncé sa porte d’un coup de pied. C’est lors de cette interpellation qu’il a finalement été arrêté, après avoir pris la fuite en Vélivert suite à l’agression au couteau.

