Saint-Etienne : Femme battue, « il m’a dit, ton corps m’appartient »



Retrouvée en état de choc dans la rue Antoine Durafour à 6h du matin, mardi 11 septembre, une femme a été secourue par des passants. Elle a été retrouvée couverte de sang et a dû être transportée à l’hôpital, terriblement marquée par les faits.

Une riveraine a eu la bienveillance de la recueillir, l’a mise en sécurité et a rapidement appelé la police. La jeune trentenaire a témoigné avec courage au tribunal correctionnel de Saint-Etienne pour les violences conjugales dont elle a été victime. La jeune femme raconte devant la cour cette violence immonde dont elle a fait l’objet.

« Il s’est jeté sur moi alors que je dormais, il m’a rouée de coups avec ses poings, mais aussi avec un bougeoir et des chaussures ». La femme montre les traces sur son corps. Elle a une interruption temporaire de travail (ITT) de dix jours donnée par un médecin légiste. Au tribunal, le conjoint de 29 ans, accusé, ne dit rien pour sa défense. La victime continue son récit horrible : « J’ai cru que j’allais mourir, il m’a dit que mon corps lui appartenait, j’ai profité d’un court moment d’accalmie pour m’enfuir ».



Le prévenu minimise les faits et pense que ce n’est pas grave

L’homme explique avoir donné deux ou trois gifles « Le sang ? Elle s’est cognée dans la porte de la chambre en partant ». Des explications qui ont outré le procureur de la république. « Mais vous lui avez causé des ecchymoses et des hématomes, Monsieur, vous racontez n’importe quoi là ». L’accusé prend 12 mois de prison dont 8 ferme. Il est parti directement à la prison. Interrogé à la sortie de l’audience, les personnes présentes sont outrées : « Et les droits des femmes, le respect de l’autre ? C’est ça la vie de couple ? Un homme qui met en sang sa compagne ? Moi je l’aurais mise en prison pour 20 ans ». Une autre femme présente commente : « Il y a encore beaucoup de travail pour changer les mentalités. La femme est l’égale de l’homme, malheureusement pas dans le domaine de la violence; cet homme s’en est donné à cœur joie apparemment, j’ai honte pour lui ».