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Pendant plus de quinze ans, Edgardo Greco a réussi l’improbable : échapper à la justice italienne tout en menant une existence banale dans une ville française. Ce dimanche 8 décembre 2025, cette cavale s’est achevée dans la solitude d’une cellule de la maison d’arrêt de Corbas, dans le Rhône, où l’homme de 66 ans a été retrouvé sans vie vers 8 heures du matin.
Une arrestation spectaculaire en 2023
Le 2 février 2023, l’étau se resserre sur celui qui vivait tranquillement dans le quartier de Châteaucreux, à Saint-Étienne. Dans le cadre du projet I-Can, une opération coordonnée entre les autorités françaises, les carabiniers italiens et Interpol, Greco est interpellé à son domicile. Les enquêteurs découvrent alors qu’il exerçait le métier de pizzaïolo, profession qui lui permettait de passer inaperçu dans la préfecture de la Loire.
Recherché depuis 2006 pour un double homicide à caractère mafieux, l’Italien avait été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité dans son pays. Membre présumé de la redoutable ‘Ndrangheta, organisation criminelle calabraise réputée pour être l’une des plus puissantes d’Europe, Greco avait réussi à se fondre dans le paysage stéphanois sous une fausse identité.
Un décès qui soulève des questions
Dimanche matin, son codétenu a donné l’alerte après avoir constaté un malaise soudant. Malgré les tentatives de réanimation des surveillants puis des secours, Greco, qui souffrait d’un cancer, n’a pas survécu. Le parquet de Lyon a ordonné une autopsie pour déterminer les causes exactes du décès.
Ironie du sort : alors que les procédures d’extradition vers l’Italie étaient toujours en cours, l’ancien fugitif ne reverra jamais son pays natal pour y purger sa peine. Sa mort met un terme définitif à une affaire qui avait marqué la coopération policière franco-italienne et rappelé la capacité des mafieux en fuite à se refaire une vie loin de leur terre d’origine.

