Alors que Saint-Étienne Métropole se félicite du bilan de son système de QR code pour accéder aux déchetteries, la réalité du terrain semble bien différente. Depuis la mise en place obligatoire de ce dispositif en novembre 2024 dans les 13 déchetteries du territoire, les dépôts sauvages ont connu une explosion préoccupante.
Une augmentation de 60 % des dépôts illégaux
Lors du conseil métropolitain du 26 novembre 2025, Charles Dallara, conseiller métropolitain, a sonné l’alarme en présentant des chiffres édifiants. Entre novembre 2023 et avril 2024, avant l’instauration du QR code, 300 tonnes de dépôts sauvages avaient été collectées. Sur la même période en 2024-2025, ce volume a grimpé à 495 tonnes, soit près de 200 tonnes supplémentaires. L’élu a insisté sur la fiabilité de ces données, confirmées par les bons de pesée des camions de collecte.
Cette tendance n’est pas isolée à Saint-Étienne, puisque plusieurs maires du territoire ont fait part de constats similaires lors du bureau métropolitain.
Un dispositif jugé trop complexe
Pour Charles Dallara, cette explosion s’explique principalement par la complexité du système mis en place. À Saint-Étienne, seulement 15 % de la population a créé un compte pour obtenir le précieux sésame numérique. La situation est d’autant plus problématique que de nombreux logements collectifs stéphanois manquent d’espaces de stockage pour les encombrants, obligeant les habitants à se rendre fréquemment en déchetterie.
Les conséquences sont lourdes pour les agents municipaux et les ripeurs, dont la charge de travail a considérablement augmenté. Les bacs de gravats, auparavant saturés une à deux fois par trimestre, doivent désormais être vidés une à deux fois par semaine, multipliant les interventions et les risques physiques pour les équipes.
Un appel à la suspension immédiate
Face à cette situation, l’élu métropolitain réclame la suspension du dispositif et propose une alternative : réserver l’accès aux déchetteries aux particuliers sur simple justificatif de domicile, tout en interdisant l’accès aux professionnels. Son objectif est clair : stopper l’explosion des dépôts sauvages, protéger l’environnement et la santé des agents, tout en évitant des surcoûts inutiles pour la collectivité.
Cette position fait écho à celle de Cyrine Makhlouf, adjointe à la propreté de la municipalité stéphanoise, qui avait récemment dressé un constat mitigé de la mesure. Une pétition lancée le 19 novembre dernier contre les QR codes dans les déchetteries a déjà recueilli près de 400 signatures, témoignant du mécontentement d’une partie de la population face à ce dispositif controversé.

