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Philippe Palazzi, directeur général de Casino, s’est déclaré lundi 24 novembre « confiant dans la stratégie mise en place » depuis l’an dernier. Les chiffres témoignent d’un redressement progressif : l’Ebitda devrait atteindre 197 millions d’euros en 2025, contre seulement 86 millions l’année dernière. L’objectif fixé pour 2028 s’élève à 500 millions d’euros.
Le projet « Renouveau 2030 » dévoilé
Dans le cadre de cette stratégie baptisée « Renouveau 2030 », le groupe a annoncé un vaste plan de rénovation du parc de ses enseignes Monoprix, Franprix et Naturalia. L’ambition affichée prévoit l’ouverture de 430 magasins d’ici 2030 pour l’ensemble des six marques du groupe, incluant également Casino, Spar et Vival.
Cette expansion constitue un pari sur la capacité du groupe à reconquérir des parts de marché après des années difficiles marquées par les difficultés financières.
Une restructuration financière cruciale
Le groupe vient de lancer un nouveau round de négociations visant à réduire le montant de sa dette. L’enjeu est de taille : 1,4 milliard d’euros doivent être remboursés à l’échéance de mars 2027.
Dans le cadre de cette nouvelle restructuration financière, Daniel Kretinsky, principal actionnaire via la société France Retail Holdings (FRH), « serait prêt à garantir une augmentation de capital de 300 millions d’euros sous réserve d’une issue satisfaisante des discussions avec les créanciers », banques et fonds anglo-saxons. L’homme d’affaires tchèque souhaite aboutir à un accord d’ici juin 2026.
Les conditions posées par Kretinsky
En contrepartie de cet engagement financier, le milliardaire tchèque formule deux exigences :
- Une réduction de la dette de 600 millions d’euros
- Un abaissement du taux d’intérêt de 9% à 6%
Ces conditions témoignent de sa volonté d’alléger durablement le poids de l’endettement pour redonner des marges de manœuvre au groupe.
Vers un renforcement de la participation de Kretinsky
À l’issue de cette opération, Daniel Kretinsky renforcerait significativement son poids dans Casino. Son objectif : porter la participation de FRH à 68% du capital, contre 53% actuellement.
Cette montée en puissance du principal actionnaire marquerait une nouvelle étape dans la transformation du groupe depuis son arrivée.
Un allègement déjà conséquent en 2024
La dette du groupe stéphanois a déjà été allégée de près de 5 milliards d’euros lors de la restructuration de l’année dernière. Cette opération d’envergure s’était également traduite par l’éviction de Jean-Charles Naouri de la présidence, mettant fin à des décennies de contrôle du groupe par le financier français.
Cette nouvelle négociation constitue donc un second temps dans le redressement financier de Casino, après le sauvetage d’urgence de 2024. Son succès conditionnera la capacité du groupe à mettre en œuvre son plan de développement « Renouveau 2030 » sans être entravé par le poids de sa dette.
Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si les créanciers accepteront les conditions posées par Daniel Kretinsky, dans un contexte où le secteur de la grande distribution française demeure sous forte pression concurrentielle.

