Photo DR
Sur le chemin du retour, place Dorian à l’angle de la rue Alsace-Lorraine, un jeune homme d’une vingtaine d’années lui arrache brutalement son collier en or avant de prendre la fuite. Malgré ses 72 ans, Monique tente de rattraper le voleur : « Que voulez-vous, il avait une vingtaine d’années et moi j’en ai 72… » raconte t’elle à nos confrères du Progrès. La course-poursuite s’avère vaine et la septuagénaire perd un bijou chargé d’émotion, « un cadeau offert par son mari qui avait autant de valeur sentimentale que sa bague de fiançailles ». Le choc psychologique survient après l’adrénaline : « Je n’ai pas été choquée tout de suite mais quand j’ai arrêté de courir, j’ai senti que mes jambes flanchaient. »
Une solidarité immédiate mais une enquête compromise
Heureusement, des employées du cabinet Delomier ont porté secours à la victime en détresse. La police, alertée, conseille à Monique de déposer plainte tout en signalant la présence d’une caméra de surveillance à l’endroit précis de l’agression. La septuagénaire pense alors avoir fait le nécessaire pour permettre l’identification du voleur.
Le réveil est brutal : par mail du 7 janvier, les services métropolitains informent Monique que « les images de vidéoprotection sont conservées pour une durée maximale de quinze jours conformément à la réglementation en vigueur » et ont été « automatiquement supprimées ». Plus troublant encore, « aucune réquisition de la police nationale n’a été reçue concernant ces images », révélant un dysfonctionnement dans la chaîne procédurale.
Les explications du directeur de la sécurité publique
Yves Cellier, directeur de la sécurité publique de la Loire interrogé par le Progrès, reconnaît l’importance des caméras tout en relativisant ce cas précis : « Nous avons affaire à un individu de 20 ans, d’environ 1m75 avec une capuche. Les faits se sont produits le 17 décembre vers 15 heures. Imaginez le nombre d’individus qui correspondent à cette description… » Il souligne la nécessité de « descriptions précises » pour exploiter efficacement les images.
Monique s’interroge légitimement sur cette durée de quinze jours : « Pourquoi ces images ne sont pas gardées plus longtemps surtout en période de tension comme pour les fêtes de fin d’année ? » Au-delà de la perte matérielle, cette agression a marqué durablement la septuagénaire : « Peu après, j’appréhendais de sortir de chez moi. J’ai dû me raisonner en me disant que, statistiquement, je n’allais pas me faire agresser une nouvelle fois. » Monique reconnaît que « pour certains, ce genre de mésaventures peut avoir de graves conséquences » et adapte désormais son comportement en cachant ses bijoux.
Un mécanisme d’autodéfense psychologique
Pour surmonter sa frustration, Monique développe une stratégie mentale touchante : « J’essaie de me persuader que le produit de ces larcins ne servira pas à engraisser un quelconque réseau mafieux ou terroriste mais à nourrir les plus démunis. Je n’y crois pas mais ça aide à faire passer la colère et la frustration… »

