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Les policiers, qui surveillaient un point de deal connu, ont interpellé un étudiant stéphanois de 20 ans qu’ils avaient observé effectuer plusieurs transactions suspectes. Cette arrestation a débouché sur une comparution immédiate ce lundi 19 janvier devant le tribunal judiciaire de Saint-Étienne.
Des preuves accablantes selon le tribunal
Le président François-Xavier Manteaux a détaillé les éléments à charge : « Les policiers vous ont vu faire quatre transactions pendant une heure et ont retrouvé 17 bonbonnes de type cocaïne et des blocs de résine de cannabis à l’endroit où vous récupériez les produits. » Cette description précise des faits observés et des saisies effectuées dessine le portrait d’une activité de revente organisée.
Face à ces accusations, le prévenu a tenté une justification fragile : « J’attendais un ami. Une personne cherchait quelque chose, je l’ai trouvé et lui ai donné. » Cette explication a suscité l’incrédulité du président qui a rétorqué avec pragmatisme : « Vous pensez vraiment que des trafiquants laisseraient des produits en accès libre sous un porche ? Il faudrait finir par admettre que vous êtes l’un de ceux qui tiennent le point de deal. »
Un passé judiciaire révélateur
La procureure a apporté des éléments contextuels troublants : malgré un casier judiciaire vierge, l’étudiant avait déjà été interpellé sur des points de deal au Chambon-Feugerolles et à Firminy, avec des réponses pénales alternatives aux poursuites. Me Nathalie Colletti, avocate de la défense, a tenté de semer le doute en pointant des incohérences : « Les policiers disent surveiller une personne avec un pantalon blanc. Or, il a un pantalon gris. » Elle a également souligné que son client avait spontanément donné son code téléphone sans que rien d’incriminant n’y soit trouvé, plaidant « la légèreté de la procédure » et demandant la relaxe.
Une condamnation ferme avec interdictions
Le tribunal n’a pas suivi l’argumentation de la défense et a prononcé une condamnation de huit mois de prison, dont quatre avec sursis probatoire. Cette peine s’accompagne d’interdictions de paraître à La Ricamarie, au Chambon-Feugerolles et à Firminy, visant à couper l’étudiant de ses réseaux de trafic présumés.

