Ce mardi 18 novembre, soit sept jours après l’annonce publique, nombreux sont encore les habitant de Unieux à ignorer cette saisie exceptionnelle. Riverains du secteur concerné, habitants d’autres quartiers, commerçants : beaucoup apprennent avec stupéfaction qu’une telle quantité de drogue a été découverte dans leur commune.
La perquisition a été menée dans un immeuble proche de la rue Charles-de-Gaulle, artère qui traverse le centre-ville et relie Dorian au Pertuiset, à proximité immédiate d’une école et d’un commerce fréquenté.
Une opération d’envergure menée discrètement
Le 20 octobre au matin, une riveraine de la rue Pasteur aperçoit de sa fenêtre avec beaucoup de gyrophares. Elle pensait assister à un incendie de véhicule. En réalité, les policiers de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Saint-Étienne, le long de l’esplanade Marcel-Doutre, investissaient le quartier du Vigneron.
Cette intervention s’inscrivait dans le cadre d’une enquête menée depuis un an par l’Office anti-stupéfiants (Ofast) de Lyon. Le cannabis provenait directement d’Espagne après un passage par Lyon et, selon les informations recueillies, était uniquement stocké à Unieux sans être écoulé localement.
Plusieurs armes ont également été découvertes lors de l’opération, rappelant les liens entre trafic de stupéfiants et violence armée, à l’image de l’actualité récente à Marseille et Grenoble.
Entre surprise et conscience d’une réalité locale
« 480 kilos, c’est énorme et inquiétant », réagit une mère de famille attendant son enfant devant le groupe scolaire Le Vigneron dans les lignes du Progrès. Elle se dit surprise qu’un tel fait survienne à Unieux, qu’elle considère comme plutôt tranquille.
Pourtant, cette stratégie n’a rien d’inédit. Les trafiquants privilégient désormais des zones perçues comme plus calmes, loin des secteurs régulièrement surveillés par les forces de l’ordre. Des petites communes sont de plus en plus touchées et c’est le cas dans l’Ondaine, confirmait une source policière. La vallée demeure une place forte du trafic de drogue dans la Loire.
Au Vigneron, plusieurs témoins déplorent l’existence de points de deal, notamment près de la médiathèque. Un habitant de la rue Maréchal-Leclerc constate que « cela fait un moment que c’est en place », propos confirmés par un commerçant de la rue Pasteur.
Un précédent historique remonte à 2008
Certains habitants se souviennent d’un précédent similaire survenu il y a plus de dix-sept ans. Le 4 mars 2008, 750 kilogrammes de résine de cannabis avaient été saisis au Val Ronzière, principalement dans le coffre d’une voiture. Cette opération d’envergure avait mobilisé 420 policiers et gendarmes, abouti à 74 interpellations dans plusieurs communes (Unieux, Firminy, Saint-Étienne, Andrézieux-Bouthéon, Saint-Galmier et Sury-le-Comtal) et démanteler un réseau aux ramifications dans l’Ondaine et le Forez.
Drogues dures et armes avaient alors été découvertes : un fusil d’assaut Kalachnikov, un fusil à pompe, un pistolet et cinq grenades. « Un véritable arsenal », rappelle le maire d’Unieux Christophe Faverjon dans un récent communiqué.
Le maire réclame des renforts policiers
« Cela nous rappelle la nécessité de la lutte sans relâche contre ces trafics qui peuvent avoir partout des ramifications », souligne l’édile dans les lignes du Progrès. Le conseil municipal examinera prochainement une demande de subventions auprès de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour équiper les entrées de la ville de caméras de vidéoprotection.
Christophe Faverjon réitère également une requête formulée régulièrement par les maires du territoire : l’augmentation des effectifs du commissariat de Firminy et le renforcement de l’Ofast de Lyon, qui a mené l’enquête à Unieux. Les effectifs de police de l’Ondaine se maintiennent autour d’une centaine de personnes, fluctuant au gré des évolutions de carrière, des départs en retraite et des recrutements de policiers adjoints. Aucun renfort significatif ne semble toutefois prévu à court terme.

