Pour les opposants, cette usine de bitume représenterait une menace environnementale et sanitaire. Ils dénoncent notamment la proximité du site avec des zones protégées Natura 2000, mais aussi avec un hôpital, une cité scolaire, des crèches, des habitations et des terres agricoles.
« Beaucoup de désinformation » selon Stal TP
Anthony Stal, directeur général de l’entreprise, ne cache plus son exaspération. Selon lui, les critiques reposent sur une vision déformée du projet : « Les mots employés ne correspondent pas à ce que contient réellement notre dossier », affirme-t-il. Il rappelle que l’installation a franchi toutes les étapes administratives et environnementales nécessaires et qu’elle a obtenu son autorisation d’exploitation dès 2020. Devenue propriétaire du terrain en août 2025, la société pensait pouvoir avancer sereinement. Pourtant, l’occupation du chantier par des manifestants en décembre dernier a conduit à une interruption provisoire des travaux.
Un désaccord de fond sur la nature même du projet
Pour Anthony Stal, l’un des malentendus majeurs concerne la composition de l’enrobé : « Il n’y a pas de goudron dans notre projet. Le bitume que nous utilisons n’est qu’un élément parmi d’autres, et en proportion limitée », insiste-t-il. Il regrette que, selon lui, les opposants ne se soient jamais réellement appuyés sur les documents techniques existants. Malgré des relations qu’il qualifie de « compliquées », le dirigeant affirme vouloir désormais privilégier l’échange plutôt que l’affrontement.
Une volonté affichée de transparence
Pour tenter d’apaiser les tensions, Stal TP prévoit plusieurs initiatives. Une conférence de presse est annoncée pour la fin du mois afin de présenter en détail le projet, ses impacts réels et les études environnementales menées. Un comité de suivi environnemental devrait également voir le jour. Il réunirait des acteurs d’horizons variés afin d’assurer un contrôle indépendant et continu du fonctionnement de la centrale. Objectif : démontrer que les inquiétudes relayées ne reposent pas sur des faits avérés.
Malgré les blocages successifs, l’entreprise maintient son calendrier. La reprise du chantier est prévue d’ici la fin du mois de janvier. « On espère que les équipes pourront travailler dans un climat plus apaisé », confie Anthony Stal, qui dit attendre ce moment avec impatience après de longs mois d’arrêt forcé.
Une opposition toujours silencieuse
Reste à savoir si l’association CESSE Goudron envisage une nouvelle mobilisation. Sollicitée, elle n’a pour l’instant pas répondu. Entre volonté de dialogue affichée par l’entreprise et détermination intacte des opposants, le projet de centrale d’enrobage à Boën-sur-Lignon demeure au cœur d’un affrontement symbolique entre développement industriel et défense du territoire rural.

