El Hadji Soukouna, 27 ans, écope de sept années et demie d’emprisonnement ferme pour avoir causé la mort de Quentin Gobet lors d’un accident dramatique survenu le 13 septembre 2024. La révocation d’une précédente peine de six mois avec sursis porte la durée totale d’incarcération à huit années. Le conducteur, détenu depuis le jour du drame, se voit également retirer définitivement son permis de conduire avec interdiction de le repasser avant huit ans, soulignant la gravité des faits reprochés.
Un choc d’une violence inouïe
Les circonstances de l’accident révèlent une irresponsabilité criminelle flagrante. Quentin Gobet, âgé de 27 ans, et son épouse attendaient sagement à un feu rouge dans les rues de Niort quand la BMW du prévenu les a percutés à 110 km/h dans une zone limitée à 50 km/h.
Cette collision frontale a impliqué deux véhicules supplémentaires, blessant quatre personnes dont un enfant de trois ans. Malgré la prise en charge médicale d’urgence, le rugbyman succombera à ses blessures à l’hôpital.
Plutôt que d’assister les victimes, El Hadji Soukouna choisit de prendre la fuite immédiatement après l’impact. Il contactera les forces de l’ordre plusieurs heures plus tard, permettant son interpellation au domicile de sa belle-mère où il présentait un taux d’alcoolémie de 1,42 gramme par litre de sang. L’accusé prétendra s’être alcoolisé après l’accident, tentative transparente d’échapper aux poursuites pour conduite en état d’ivresse.
Des justifications peu crédibles
Face aux magistrats, le prévenu invoque un trou noir et affirme n’avoir retrouvé ses esprits qu’instants avant la collision. Ces explications peinent à convaincre, d’autant qu’il revendique simultanément « ne pas boire habituellement » et « avoir peur de la vitesse ».
Ces déclarations contrastent dramatiquement avec la réalité des faits : rouler au double de la vitesse autorisée témoigne d’un mépris total des règles de sécurité routière.
Conformément aux réquisitions du parquet qui réclamait huit ans d’emprisonnement, le tribunal requalifie les faits en homicide et blessures routières. Cette nouvelle qualification, issue d’une loi promulguée le 9 juillet dernier, reconnaît la dimension volontaire des actes ayant entraîné le décès, même sans intention homicide.
Un avenir au rugby brisé
Quentin Gobet incarnait l’espoir du rugby roannais et lyonnais. Formé dans les catégories jeunes du LOU, il avait gravi les échelons jusqu’aux espoirs avant d’obtenir sa première sélection professionnelle le 7 décembre 2017 lors d’un match de Challenge Cup à Toulouse sous la direction de Pierre Mignoni. Bien que cette apparition soit restée unique au niveau professionnel, elle symbolisait l’aboutissement d’années d’efforts et de passion pour l’ovalie.
El Hadji Soukouna dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel de cette décision. Cette condamnation ferme envoie un signal fort sur la détermination de la justice à sanctionner sévèrement les comportements routiers criminels qui brisent des vies et endeuillent des familles entières.


