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Dino Cinieri mise sur l’économie locale et la rétention des talents
Le candidat Les Républicains, soutenu par la droite et le centre, insiste sur la nécessité de conserver les étudiants formés localement. Chaque année, environ 30 000 étudiants suivent leur cursus à Saint-Étienne, représentant un vivier considérable de compétences qu’il convient de retenir sur le territoire.
Sa stratégie repose sur l’établissement de passerelles entre établissements d’enseignement et entreprises locales, permettant aux jeunes diplômés de décrocher leur premier emploi à Saint-Étienne et d’y bâtir leur carrière. À travers la commande publique, son plan de mandat et son projet de Plan Marshall pour revitaliser le centre-ville, Dino Cinieri souhaite orienter chaque euro investi vers l’économie locale et la création d’emplois. Il présente cet enjeu comme une bataille décisive pour générer de la richesse et redonner attractivité et dynamisme à la ville.
Marc Chassaubéné propose un dispositif complet pour l’insertion
Le candidat divers droite érige l’emploi en priorité absolue et dévoile un programme particulièrement détaillé. Il envisage d’introduire systématiquement des clauses sociales dans les marchés publics attribués aux entreprises et de soutenir durablement les structures d’insertion par l’activité économique.
Son programme inclut la lutte contre les discriminations liées à l’état de santé via un plan cancer, le renforcement de l’insertion professionnelle des personnes handicapées, et la multiplication des forums emploi pour faciliter les rencontres directes entre employeurs et demandeurs d’emploi. Marc Chassaubéné souhaite structurer un plan jeune emploi doté d’une plateforme unique centralisant les offres stéphanoises.
En collaboration avec Saint-Étienne Métropole, il entend favoriser l’installation et la création d’entreprises, renforcer les partenariats avec les acteurs économiques locaux comme la CCI, la chambre des métiers, l’Adie, Face ou la Mife, et créer des zones d’activités et des pépinières d’entreprises pour développer des emplois de proximité.
Siham Labich veut adapter les formations aux besoins réels
La candidate du centre identifie le problème central comme un défaut d’appariement entre offres et demandes d’emploi. Elle propose un vaste plan de formation pour qualifier les demandeurs d’emploi selon les besoins réels exprimés par les entreprises locales, après avoir cartographié précisément les métiers en tension.
Cette démarche s’appuierait sur les centres de formation, la mission locale, France Travail, les agences d’intérim et les relais emploi. Siham Labich souhaite faciliter l’implantation d’entreprises créatrices d’emplois durables en proposant du foncier disponible et en créant des zones d’activité économique.
Elle entend soutenir l’entrepreneuriat par un accompagnement administratif des porteurs de projets et un soutien financier via un fonds d’investissement communal. Son programme prévoit également de développer l’apprentissage et l’alternance avec les employeurs locaux, tout en levant les obstacles à l’emploi que constituent les problématiques de transport, de logement et de garde d’enfants.
Romain Brossard appelle à contester le pouvoir des actionnaires
Le candidat Lutte ouvrière adopte une posture radicale, qualifiant le chômage de catastrophe pour la population laborieuse. Il dénonce les fermetures d’entreprises comme Casino, ZF ou Novasco, accusant les capitalistes de licencier après avoir exploité les travailleurs et profité de subventions publiques.
Romain Brossard appelle à contester le pouvoir des actionnaires et à imposer la répartition du travail entre tous. Il reconnaît toutefois qu’une municipalité seule ne peut imposer ces changements. Seule la mobilisation de la classe ouvrière permettrait d’exproprier la classe capitaliste et de prendre en main la direction de la société.
Sa liste rassemble des travailleurs militant pour reconstruire un réseau refusant la guerre économique génératrice de chômage. Il présente chaque vote pour sa liste comme un vote en faveur de la riposte sociale et promet que d’éventuels élus révolutionnaires constitueraient des soutiens indéfectibles aux mobilisations contre les licenciements et fermetures d’entreprises.
Corentin Jousserand veut retrouver la prospérité industrielle
Le candidat du Rassemblement National propose de faciliter la création d’entreprises via un guichet unique et une coopérative de services pour les TPE couvrant les ressources humaines, la comptabilité et la communication. Il promet de geler la taxe foncière et de l’exonérer durant les trois premières années suivant l’installation d’une entreprise.
Corentin Jousserand souhaite faire de Saint-Étienne une référence industrielle grâce à un événement annuel et un label local « production stéphanoise ». La commune dépolluerait et réhabiliterait les friches pour proposer des sites clés en main aux industriels. Il envisage la création d’une Maison de l’IA et s’engage à ce que le maire représente activement les intérêts économiques de la ville pour attirer des projets industriels nationaux, notamment dans la défense et l’énergie.
Son programme prévoit également de lever deux obstacles majeurs à l’emploi : l’accès à l’accueil du jeune enfant et le coût de la mobilité, via une révision des politiques tarifaires des transports en commun tenant compte des contraintes budgétaires métropolitaines.
Éric Le Jaouen fixe un objectif chiffré ambitieux
Le candidat Horizons et divers droite dresse un constat sans détour : Saint-Étienne subit depuis des années une paupérisation, avec des emplois qualifiés qui quittent la ville-centre, des cadres et familles qui s’installent en périphérie, et un pouvoir d’achat qui se déplace, fragilisant le commerce.
Il fixe un objectif précis : créer 6 000 emplois dans le cœur de ville durant le mandat, en cohérence avec la stratégie économique métropolitaine. Éric Le Jaouen promet de mobiliser les décideurs économiques pour obtenir des engagements concrets sur l’emploi local. La ville mettrait en place une fiscalité stable et incitative avec des aides conditionnées.
Un choc de simplification administrative faciliterait la création d’activités, tandis qu’un label RSE territorial valoriserait les entreprises engagées pour l’emploi local. Fort de son expérience de chef d’entreprise, ancien président du Medef Loire et de l’Unedic, il fait de l’emploi sa priorité absolue pour inverser durablement la paupérisation.
Régis Juanico défend la réindustrialisation et l’économie sociale
Le candidat socialiste et divers gauche refuse la fatalité malgré les crises industrielles, sociales et commerciales. Il rappelle que Saint-Étienne compte 17 % d’emplois industriels contre 11 % à l’échelle nationale, avec un tissu de PME leaders à l’export et une forte capacité d’innovation.
Régis Juanico soutiendra la réindustrialisation autour des filières d’excellence locales : optique, photonique, textile, design et santé. Il renforcera l’accès à l’emploi des jeunes en lien avec la Mission locale, les écoles de production et l’École de la deuxième chance.
Son programme prévoit de renforcer le soutien à l’économie sociale et solidaire en créant une Cité de l’ESS pour fédérer les acteurs. La commande publique serait mobilisée comme outil stratégique favorisant les TPE et artisans locaux. Les aides municipales aux entreprises seraient conditionnées au maintien ou à la création d’emplois sur le territoire. En cas de menace sur l’emploi, la ville s’engagerait pleinement aux côtés des salariés pour accompagner les reconversions.
Valentine Mercier propose des territoires zéro chômeur
La candidate La France Insoumise porte une politique de l’emploi utile, local et solidaire, s’inscrivant dans le pacte de Jean-Luc Mélenchon avec les PME et les artisans pour sécuriser l’activité locale et relocaliser. Elle affirme que la désindustrialisation et le chômage durable dans les quartiers de Montreynaud, Tarentaize, la Métare ou Terrenoire ne sont pas une fatalité.
Valentine Mercier propose la mise en place de Territoires zéro chômeur longue durée et la création d’un conseil économique local réunissant syndicats de salariés, organisations patronales et ESS pour anticiper les crises et décider ensemble. À l’échelle métropolitaine, elle souhaite reprendre la main sur le foncier industriel, notamment à Châteaucreux et Monthieu, avec des baux de long terme à loyers adaptés.
Son programme prévoit de soutenir l’économie sociale et solidaire, de favoriser les outils partagés de transformation alimentaire pour structurer des filières non délocalisables, et d’assumer le rôle d’acheteur public de la ville pour contribuer à leur réussite.
Une situation économique contrastée à Saint-Étienne
Les derniers chiffres économiques révèlent une situation en demi-teinte. Dans la zone d’emplois de Saint-Étienne, le salaire moyen par personne a progressé de 2,9 % entre le deuxième trimestre 2023 et celui de 2024, pour atteindre 2 690 euros. Cette hausse reste légèrement inférieure à la moyenne nationale mais supérieure à celle du département.
Toutefois, le taux de pauvreté demeure préoccupant. Selon les derniers chiffres de l’Insee, il est passé de 21 % à 28 % dans la capitale ligérienne entre 2013 et 2021, soit bien plus que les taux départemental, régional et métropolitain. La part des ménages fiscaux imposés ne cesse de reculer, passant de 49 % en 2013 à 35,5 % en 2024, contre 45 % au niveau national.
Sur le plan entrepreneurial, les nouvelles sont plus encourageantes. En 2025, 2 912 entreprises ont été immatriculées contre 1 532 radiées à Saint-Étienne. La ville préfecture comptait 33 922 entreprises fin 2025, contre 20 441 il y a dix ans, témoignant d’un dynamisme entrepreneurial certain malgré les difficultés sociales persistantes.


