Aujourd’hui âgé de 24 ans, Zacharia Benhassine devra répondre devant la cour criminelle de la Loire de douze faits de viol et d’une agression sexuelle. Parmi les plaignantes, l’une était mineure au moment des faits. Toutes les jeunes femmes sont inconnues les unes des autres et n’ont aucun lien commun. L’affaire avait suscité une vive émotion à Saint-Étienne, où une partie des agressions se serait déroulée, et dans plusieurs autres villes.
Un mode opératoire basé sur Snapchat et Instagram
Selon l’accusation, le mis en cause utilisait principalement Snapchat et Instagram pour entrer en contact avec de jeunes femmes. Les échanges commençaient souvent par des discussions banales, avant de s’orienter vers l’envoi de photos et de vidéos intimes.
Une fois ces contenus obtenus, il aurait fait pression sur ses interlocutrices en les menaçant de les diffuser publiquement si elles refusaient de le rencontrer. Sous l’effet de la peur, de la honte et du risque d’exposition sur les réseaux sociaux, plusieurs victimes expliquent avoir accepté des rendez-vous qui auraient ensuite conduit à des rapports sexuels imposés.
Des faits présumés dans plusieurs villes
Les lieux évoqués par les plaignantes sont variés : hôtels, halls d’immeubles, espaces publics. Les agressions se seraient produites non seulement à Saint-Étienne, mais aussi à Roche-la-Molière, au Chambon-Feugerolles, ainsi qu’à Lyon, Montpellier et Thonon-les-Bains.
L’analyse du téléphone de l’accusé aurait mis au jour plus de 3 000 conversations. Certaines contiendraient des dizaines, voire des centaines de messages. Les enquêteurs décrivent un comportement insistant dans la recherche d’images intimes. Lorsque des jeunes femmes refusaient, il aurait parfois cessé tout contact en les bloquant. Zacharia Benhassine reconnaît les faits de chantage, mais conteste la qualification de viols.
Une instruction lourde et une détention provisoire
Interpellé début février 2023, il a été placé en détention. L’instruction judiciaire lui impute douze viols, dont un commis alors qu’il était encore mineur, ainsi qu’une agression sexuelle.
Il reste toutefois présumé innocent jusqu’à l’issue définitive de la procédure.
Un procès étalé sur cinq jours
Le procès se tiendra du 26 au 30 janvier devant la cour criminelle de la Loire, présidée par Éric Chalbos. L’accusé sera défendu par Mes Julien Rey et Charlotte Dupuy.
Les parties civiles seront représentées par un collectif d’avocats, parmi lesquels Mes Valentine Poinson, Perrine Servais, Kader Karakaya, Hélène Chabrier, Ludivine Buisson, Carine Monzat, Nicole Peyret, Karim Mrabent, Élodie Kieffer et Coline Killian.
D’autres affaires de viol à l’agenda judiciaire
Deux autres dossiers de viol doivent également être examinés prochainement par la cour criminelle : l’un du 2 au 4 février, l’autre les 5 et 6 février. Ces audiences, comme celle-ci, pourraient se tenir à huis clos afin de protéger les victimes et la confidentialité des débats.

