Dino Cinieri, Éric Le Jaouen, Marc Chassaubéné et Siham Labich. Quatre personnalités, quatre listes, et une même aire politique revendiquée : celle de la droite et du centre. À l’approche des municipales des 15 et 22 mars, ce camp apparaît plus fragmenté que jamais à Saint-Étienne.
Alors qu’une union semblait possible il y a encore quelques mois, le scénario d’un rassemblement a volé en éclats. Désormais, chacun avance avec sa propre stratégie, entre rupture assumée avec l’ère Perdriau et défense plus ou moins directe de son héritage.
D’une candidature unique à l’éparpillement
À l’automne dernier, la situation semblait pourtant claire. Après un sondage favorable, plusieurs formations politiques, des Républicains à Renaissance, en passant par l’UDI et les radicaux, s’étaient rangées derrière Dino Cinieri comme candidat naturel. L’objectif était simple : proposer une alternative unie pour tourner la page de la période Perdriau. Mais cette dynamique s’est progressivement fissurée. Aujourd’hui, trois autres listes issues de la même famille politique sont en course, donnant à cette élection des allures de compétition interne.
Le souvenir amer des divisions passées
Michel Thiollière, ancien maire de Saint-Étienne, connaît mieux que quiconque les conséquences d’un éclatement politique. En 2008, une triangulaire lui avait coûté son fauteuil. Pour lui, le parallèle avec la situation actuelle est évident : « La division nous a emportés », rappelle-t-il, inquiet de voir la droite et le centre reproduire les mêmes erreurs. Il estime que deux des listes en présence restent marquées par l’héritage direct de Gaël Perdriau, ce qui pourrait freiner leur attractivité auprès d’un électorat désireux de renouvellement. Et il insiste : historiquement, Saint-Étienne se gagne au centre.
L’enjeu clé : franchir la barre des 10 %
Pour accéder au second tour, chaque liste devra dépasser le seuil des 10 %. Une condition indispensable qui rend la dispersion des voix particulièrement dangereuse. Si Dino Cinieri semble partir avec un avantage, rien n’est acquis. Une triangulaire, voire une quadrangulaire, reste possible. Et même si l’hypothèse qu’aucun candidat de droite ne passe ce seuil paraît peu probable, elle n’est pas totalement exclue.
Dino Cinieri : le rassemblement comme argument central
Expérimenté et aguerri, Dino Cinieri se présente comme le seul capable de fédérer suffisamment large pour empêcher une victoire de la gauche. Il regrette ouvertement la multiplication des candidatures concurrentes : Pour lui, les autres prétendants privilégient leurs ambitions personnelles plutôt que l’intérêt collectif. Il espère néanmoins qu’en cas d’échec, ils appelleront à voter pour lui au second tour.
Siham Labich : une voie « ni droite, ni gauche »
Ancienne proche de Gaël Perdriau, Siham Labich choisit une ligne plus transversale. Elle refuse l’étiquette de droite et revendique une démarche citoyenne. « Je veux une liste à l’équilibre, humaine, au service de Saint-Étienne. » Désormais éloignée du MoDem, qui soutient Dino Cinieri, elle affirme que les municipales ne doivent pas être enfermées dans une logique partisane.
Éric Le Jaouen : incarner la rupture
Chef de file d’Horizons, Éric Le Jaouen revendique une vraie séparation avec le « système Perdriau ». Issu du monde de l’entreprise, il assume la concurrence et estime être le seul totalement extérieur aux anciennes pratiques. Pour lui, le véritable clivage n’est pas idéologique : Il se positionne comme le candidat d’une « rupture tranquille », sans brutalité mais avec une réelle volonté de changement.
Marc Chassaubéné : continuité et dépassement
Premier adjoint sortant, Marc Chassaubéné doit composer avec un équilibre délicat : s’inscrire dans l’héritage municipal tout en se projetant vers l’avenir. Il se présente sans étiquette politique : « Mon parti, c’est Saint-Étienne. » Il revendique une liste ouverte, rassemblant des sensibilités diverses, à l’image de son propre parcours familial et personnel.
Une bataille à haut risque
Avec quatre listes issues d’un même socle politique, la droite et le centre jouent une partie périlleuse. Entre désir de renouvellement, fidélité à un bilan municipal, stratégies individuelles et peur de la dispersion, l’électorat stéphanois se retrouve face à une offre abondante mais fragmentée.

