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L’ancien élu explique ce choix par la nécessité de se consacrer pleinement à sa défense, mais aussi par la volonté de ne pas fragiliser l’exécutif municipal en pleine période électorale. Sa lettre de démission a été transmise au maire, Yves Nicolin, dans la matinée Ancien commandant de police fonctionnel aujourd’hui retraité, Edmond Bourgeon a été mis en examen le 20 décembre pour association de malfaiteurs et détention d’une arme de catégorie B. S’il assure encaisser le choc sur le plan personnel, il reconnaît que cette affaire a durement affecté ses proches. De son côté, le maire de Roanne a publiquement réaffirmé son soutien, dénonçant ce qu’il considère comme une exploitation politique de la présomption d’innocence par certains opposants municipaux.
Le dossier trouve son origine dans des coups de feu tirés dans la nuit du 20 au 21 décembre 2023 contre les vitrines de deux restaurants situés dans le bas du Faubourg Clermont. Sept douilles de calibre 7,65 mm avaient alors été découvertes sur place.
Selon le parquet de Roanne, l’enquête vise notamment à établir les conditions dans lesquelles une arme liée à ces faits a été remise à la police nationale près d’un an plus tard, ainsi que l’origine réelle de cette arme, qui aurait été volontairement dissimulée.
Le rôle contesté de l’ex-adjoint
Un homme présenté comme un contact régulier d’Edmond Bourgeon a également été mis en examen, notamment pour violences avec arme et dégradations, laissant supposer son implication directe dans les tirs. L’ex-adjoint conteste cependant la nature de leur relation.
Il affirme avoir croisé cet individu à plusieurs reprises dans le cadre de permanences de quartier, sans lien avec son ancienne activité policière. Selon sa version, l’homme lui aurait confié une arme prétendument trouvée par des enfants près du Renaison, par crainte de se rendre lui-même au commissariat.
Edmond Bourgeon reconnaît ne pas avoir donné le nom de la personne lors de la remise de l’arme aux forces de l’ordre en 2024, invoquant une parole donnée et une question d’honneur. Il assure toutefois n’avoir jamais imaginé que ce geste puisse le conduire en garde à vue, encore moins à une mise en examen. Se défendant de toute implication dans les tirs de 2023, l’ancien élu insiste sur son parcours et ses convictions : tout au long de sa carrière, dit-il, il a cherché à lutter contre la délinquance. Et de conclure fermement : « Je ne suis pas du côté des voyous ».

