Cette déception récurrente accompagne l’athlète de 25 ans depuis plusieurs années. Déjà exclue des sélections pour Budapest en 2023 et privée des Jeux olympiques parisiens l’été dernier, elle semblait résignée à regarder les championnats du monde japonais depuis son canapé. Mais l’équipe de France avait d’autres projets pour elle.
Le suspense maintenu jusqu’en septembre
Discrètement, les responsables fédéraux conseillent à la Roannaise de différer ses congés estivaux. Message sibyllin mais porteur d’espoir : maintenir l’entraînement tant que la liste définitive n’est pas dévoilée début septembre. Une recommandation qui se révèle prophétique quelques semaines plus tard.
L’annonce officielle de sa sélection, survenue il y a seulement quelques jours, provoque un séisme dans l’organisation de l’athlète. Tous ses projets personnels et sportifs nécessitent une refonte express pour s’adapter à cette opportunité inespérée.
Retour d’urgence sur les campus américains
« Énormément d’éléments se sont métamorphosés en quelques journées », confie la Roannaise avec le sourire au journal le Progrès. Son programme ne prévoyait aucun retour outre-Atlantique cette saison. Les contraintes financières semblaient rédhibitoires : fin de l’éligibilité universitaire, suppression des aides aux études, coûts prohibitifs du système éducatif américain.
Mais l’urgence sportive pousse Amanda à décrocher son téléphone pour contacter Susan Seaton, son entraîneuse de l’université de Cincinnati. Cette dernière accepte de concevoir un programme de préparation dans l’incertitude la plus totale, ignorant si cette planification servira réellement.
Un pari universitaire payant
Le retour express à Cincinnati mi-août se concrétise finalement grâce à un arrangement financier avec l’établissement. L’université consent à financer l’année d’études, laissant l’athlète gérer les autres aspects de manière autonome. Cette solution hybride lui permet de retrouver ses conditions d’entraînement optimales.
Désormais indépendante de l’équipe universitaire des Bearcats, Amanda s’appuie sur le soutien indéfectible du CA du Roannais pour l’aspect budgétaire et sur l’expertise technique de Susan Seaton. Cette coach américaine manifeste un enthousiasme immédiat pour accompagner sa protégée jusqu’au verdict fédéral.
L’aboutissement d’une patience récompensée
« Cette première qualification pour un rendez-vous planétaire me comble de bonheur », avoue la lanceuse. « Mon objectif consiste à livrer une prestation remarquable et à marquer les esprits là-bas. Je me sens armée mentalement et physiquement, ayant préparé cette échéance comme si j’appartenais au groupe France depuis le début. »
L’athlète rejoint directement le Japon depuis l’Ohio, évitant l’étape parisienne pour intégrer une délégation tricolore forte de 73 compétiteurs. Ce voyage transcontinental symbolise parfaitement son parcours atypique, entre formation américaine et représentation française.
Un palmarès en construction constante
Cette sélection mondiale couronne une progression remarquable amorcée en 2021. Depuis ses premiers pas en équipe de France aux championnats d’Europe par équipes de Chorzów, Amanda a multiplié les apparitions internationales : Munich 2022, double participation à la coupe d’Europe des lancers de Leiria, championnats d’Europe de Rome et Madrid en 2024.
Chaque compétition a contribué à forger son expérience internationale et à affûter ses ambitions. Cette septième sélection en équipe A représente l’aboutissement logique d’un investissement constant, récompensé au moment où elle l’espérait le moins.
De l’Ohio au Pays du Soleil Levant
Le parcours géographique de cette qualification résume parfaitement la mondialisation du sport de haut niveau. Formation universitaire américaine, club français, compétition japonaise : Amanda Ngandu-Ntumba incarne cette génération d’athlètes nomades qui transcendent les frontières pour exprimer leur talent.
Son histoire prouve qu’en athlétisme, l’espoir doit rester vivant jusqu’à la dernière minute. Entre Talence et Tokyo, il n’y avait qu’un pas… franchi à la vitesse de l’éclair.


