ASSE : Julien Sablé, les 6 raisons d’un échec retentissant

Un mauvais bilant.

Nommé en novembre, Julien Sablé a dirigé l’ASSE l’espace de 6 matches. Avec 4 défaites et 2 nuls, son bilan a été très décevant. Voici pourquoi.

IL A MANQUE DE TEMPS

Oscar Garcia a mis plus d’une semaine pour claquer la porte de l’ASSE après le 5-0 historique infligé par Lyon lors du derby. Cela a laissé seulement quatre jours et trois séances d’entraînement à Julien Sablé pour préparer son premier match, le déplacement à Lille. Du temps, « Juju » n’en aura pas eu puisqu’il ne sera resté que cinq semaines à la tête de l’équipe. Roland Romeyer avait pourtant dit lors de sa présentation officielle qu’il n’était pas là pour un simple intérim et qu’il allait s’inscrire sur la durée. Ça n’a pas été le cas.

UN GROUPE MEURTRI

Sablé a récupéré un groupe qui venait de subir une énorme déroute dans le derby, et dont les signaux n’étaient déjà plus au vert malgré son classement (6e), ce que Garcia avait bien compris. Avant le derby, l’équipe restait sur trois matches sans victoire. Elle avait perdu à domicile contre Montpellier et s’était fait sortir de la Coupe de la Ligue dès son entrée en lice à Strasbourg avant de ramener un point de son déplacement à Toulouse.

UN CALENDRIER COMPLIQUE

La fin d’année civile était à craindre pour l’ASSE. Après un début de saison plutôt clément, le calendrier se compliquait sérieusement en novembre et en décembre. Sablé aura dirigé six matches. A domicile, sous ses ordres, l’ASSE a fait deux matches nuls contre Nantes et Strasbourg, et une défaite contre Monaco. Et à l’extérieur, elle s’est inclinée à Lille, à Bordeaux et à Marseille.

DES LEADERS ABSENTS

Sablé a dû composer pendant tout son intérim sans Romain Hamouma, que Loïc Perrin a vite rejoint à l’infirmerie. Le capitaine des Verts s’est blessé contre Nantes et c’est à sa sortie que les Canaris ont égalisé. Sablé a également dû composer sans Rémy Cabella, la plupart du temps. Et quand le n°10 est revenu de blessure, une clause dans son contrat est venue le priver du déplacement à Marseille…

DES CHOIX CONTESTABLES

Excepté à Bordeaux où il a aligné une défense à trois, Sablé s’est appuyé sur un 4-3-3 avec Vincent Pajot comme homme de base au milieu. Buteur contre Nantes, l’ancien Rennais a raté de grosses occasions, dont une qui aurait pu permettre à l’équipe de ramener un point de son déplacement à Lille. Malgré sa débauche d’énergie, Pajot, dont le ratio de passes réussies a souvent été le plus mauvais de l’équipe, a symbolisé le déficit technique dont on fait preuve les Verts ces dernières semaines. Sablé a surpris en laissant Hernani deux fois sur le banc, contre Nantes et à Ma rseille, alors qu’il avait marqué contre Strasbourg. Ses options tactiques n’auront pas été payantes, surtout a l’extérieur où l’équipe a encaissé trois buts à chacun de ses déplacements, n’en inscrivant qu’un seul. Alors qu’on pouvait penser qu’il n’allait pas hésiter à donner du temps de jeu à des jeunes, l’ancien milieu de terrain n’a lancé que Vagner, le jeune attaquant capverdien, entré en jeu à Bordeaux et à Marseille, titulaire contre Monaco.

UNE AMBIANCE DELETERE

Sablé n’a pas été aidé par le contexte. A ses côtés, Alain Ravera a vite quitté le staff, qu’a intégré Jean-Louis Gasset, comme Razik Nedder. Gasset a apporté à Sablé son expérience, mais il est apparu très en retrait avant de se voir confier les clés du camion pour le dernier match de l’année à Guingamp. L’intérim de Sablé se sera déroulé dans un contexte de crise. Critiqué d’entrée de jeu par Robert Herbin, qui a écrit dans Le Progrès qu’il n’était pas « l’homme de la situation », l’ancien capitaine des Verts a pâtit de ne pas avoir le DEPF. Et c’est dans un Chaudron à huis clos partiel qu’il a coaché l’ASSE, où ce qu’il en restait, contre Strasbourg et Monaco. Le 0-4 essuyé face aux Monégasques, et les affrontements qui ont suivi la rencontre, entre des Ultras en colère et les forces de l’ordre, lui a été fatal. Tout comme le règlement de la FFF, qui aurait obligé le club à payer une amende de 25 000 € à chaque match, s’il était resté n°1, faute d’avoir le diplôme requis.

Laurent Hess pour butfooballclub.fr