Créée en 2021 par Thierry Simonnet dans un contexte de difficultés financières du club, l’association poursuit depuis quatre ans un objectif ambitieux : permettre aux supporters de devenir propriétaires d’une partie de leur équipe favorite. Cette démarche s’inscrit dans une tendance nationale, rejoignant des initiatives similaires menées par les supporters de Bastia, Guingamp, Sochaux, Rouen et Nîmes.
Des négociations fructueuses avec un actionnaire minoritaire
Le président Jérémy Chatonnier détaille le processus qui a abouti à cette opportunité. Après des années de démarchage auprès des supporters, collectivités et entreprises locales, l’association a identifié un actionnaire minoritaire disposé à céder ses parts.
La validation officielle de cette transaction par le conseil d’administration stéphanois le 12 août dernier ouvre désormais la voie à cette prise de participation inédite. Cette approbation marque l’aboutissement d’un travail de longue haleine mené par l’équipe dirigeante de l’association.
Un objectif financier adapté aux nouvelles réalités
L’évolution de la situation économique du club depuis le rachat par Kilmer Sports a modifié les ambitions initiales. L’augmentation du capital social rend désormais inaccessible l’objectif premier de détenir 5% des parts avec un apport de 750 000 euros.
La participation finale ne représentera que 0,1% du capital, sans garantir de siège au conseil d’administration. Néanmoins, cette acquisition conserve une forte valeur symbolique pour le mouvement de supporters. Pour finaliser cette opération avant l’échéance du 12 septembre, l’association doit collecter 150 000 euros.
Une répartition budgétaire transparente
Julien Beal, vice-président de l’association, précise l’affectation des fonds : 120 000 euros financeront l’acquisition des parts, tandis que 30 000 euros couvriront les frais de fonctionnement, notamment les honoraires d’avocat.
Le choix de conserver le statut associatif présente un avantage économique significatif. Contrairement à une transformation en société coopérative d’intérêt collectif, cette structure permet d’utiliser la plateforme HelloAsso sans commission, évitant ainsi une ponction de 5 à 10% sur les sommes collectées.
Des tarifs accessibles et symboliques
La grille tarifaire reflète la volonté d’inclusion maximale. Les jeunes supporters de moins de 18 ans peuvent participer dès 6 euros, tandis que le tarif standard s’établit à 19,33 euros en référence à l’année de fondation du club.
Les entreprises peuvent s’engager à hauteur de 420 euros, et un palier prestigieux à 1976 euros rappelle l’année de la finale de Coupe d’Europe. Cette diversification permet d’adapter l’engagement financier aux capacités de chacun.
Un démarrage prometteur
Les premiers résultats témoignent de l’engouement suscité par cette initiative. En seulement 24 heures de campagne restreinte aux adhérents existants, 500 socios ont répondu favorablement, permettant de collecter 30 000 euros.
Cette dynamique initiale encourage les responsables de l’association qui envisagent déjà l’utilisation des éventuels surplus. Les fonds excédentaires pourraient financer des projets votés par les membres, comme l’érection de statues de Robert Herbin et Roger Rocher ou la création d’une fresque murale au stade.
Une gouvernance démocratique en préparation
L’organisation future de l’association repose sur quatre collèges représentatifs : membres fondateurs, supporters, entreprises et anciens joueurs. Des personnalités comme Michel Platini, Lubomir Moravcik ou Sébastien Perez ont déjà marqué leur intérêt pour cette dernière catégorie.
L’élection des représentants, prévue lors de la première assemblée générale fin octobre, s’inspirera du fonctionnement des scrutins municipaux. Dans un souci d’égalité, chaque actionnaire disposera d’une voix identique, indépendamment de sa contribution financière.
Une nouvelle forme d’engagement supporter
Au-delà de l’aspect financier, cette initiative redéfinit les modalités de soutien au club. L’objectif affiché privilégie la fédération et l’influence collective plutôt que la recherche d’un pouvoir de contrôle.
Cette approche collaborative vise à créer un nouveau canal de dialogue avec la direction du club, transformant l’engagement passionnel en participation concrète à la vie de l’institution stéphanoise.


