Meilleur marqueur du championnat avec une moyenne de 19,4 points par rencontre, Jahvon Blair s’est bâti une réputation sur ses performances offensives éclatantes. Pourtant, depuis quelques semaines, le gaucher ajoute une nouvelle corde à son arc en brillant désormais sur les deux moitiés de terrain, tout en évoluant avec un temps de jeu plus mesuré.
L’arrière a parfaitement assimilé les consignes de son entraîneur, qui insiste pour qu’il élargisse son impact au-delà de la seule production de points. « Coach TJ sait pertinemment que je peux marquer. Tout le monde en est capable, mais c’est en exploitant cet avantage de l’autre côté du terrain, en défense, en communiquant et en prenant des rebonds, que mon équipe et moi pourrons franchir un cap », explique le joueur qui place la victoire au-dessus de tout dans les lignes du Progrès.
Cette implication totale se traduit par des statistiques remarquables : l’ancien joueur de Poitiers affiche désormais le meilleur ratio points par minute de la division, avec notamment 30 points inscrits en seulement 19 minutes face à Vichy en championnat et 25 points en 23 minutes lors du match de Leaders Cup.
la philosophie parker porte ses fruits
Depuis l’arrivée de TJ Parker sur le banc roannais, l’équipe enchaîne les succès avec une série impressionnante de sept victoires consécutives. Cette dynamique repose sur une philosophie claire : privilégier la défense et accompagner chaque joueur dans sa progression individuelle.
« Jahvon est un joueur intelligent. Il ne force pas, il prend ses responsabilités. Il peut changer un match en deux minutes. Mardi contre Vichy, il n’était pas en rythme en première mi-temps, et en défendant dur ensuite, tout s’est enchaîné en attaque », analyse le technicien, qui voit en son joueur un potentiel encore inexploité.
Pour le coach, la performance sportive passe aussi par l’épanouissement personnel : « Pour être performant dans ton basket, il faut être bien dans sa vie. Jahvon montre qu’il peut défendre dur tout en étant très performant en attaque, sur une période plus courte. »
Blair a parfaitement intégré cette approche globale. Peu concerné par les statistiques individuelles, il se concentre exclusivement sur les besoins collectifs : « Quoi que mon équipe attende de moi, je le ferai : marquer, défendre, être à fond à chaque match, sans relâche. Tant qu’on gagne, ça me va. »
une culture de la victoire forgée auprès d’une légende
Cette mentalité de gagnant ne date pas d’hier chez le Canadien, qui a été formé durant ses années universitaires sous la direction du légendaire Patrick Ewing. Les échanges se poursuivent d’ailleurs régulièrement entre l’ancien pivot mythique de la NBA, son fils et Blair, qui entretient ce lien précieux avec ses mentors.
Au-delà de son efficacité au scoring et de sa fiabilité aux lancers francs, le joueur développe également sa vision du jeu, comme en témoignent ses cinq passes décisives distribuées mardi contre Vichy. Cette polyvalence croissante en fait un adversaire redoutable et difficilement neutralisable.
denain, un test de confirmation vendredi à vacheresse
Auréolée de sa victoire en Leaders Cup, la Chorale devra éviter tout relâchement face à Denain ce vendredi à 20 heures. TJ Parker l’a martelé dans le vestiaire immédiatement après le succès contre Vichy : l’équipe nordiste, quatrième avec quatorze victoires, représente un défi sérieux.
« Nous sommes la meilleure équipe à domicile, il faut le rester. Denain est une équipe dangereuse avec un jeu très rapide et des intérieurs très mobiles », prévient l’entraîneur, qui pourra compter sur le retour de Mattias Markusson. En revanche, Dylan Affo Mama (épaule) et Mattéo Legat (jambe) restent incertains.
La formation roannaise s’appuiera sur sa capacité à contrôler le ballon, démontrée mardi avec seulement quatre ballons perdus pour 104 points inscrits contre la meilleure défense du championnat. « Quand on a un écart d’environ +10 au ratio passes/balles perdues et qu’on contrôle autant le ballon, c’est une garantie », souligne Parker.
Face aux locomotives Harvey Gauthier et Javon Masters, complétées par l’ancien Choralien Gaëtan Meyniel et un Olivier Cortale en grande forme, Roanne devra produire un effort majeur pour décrocher une huitième victoire consécutive. L’objectif est double : effacer la défaite subie à l’aller et confirmer le statut de leader de l’équipe, avec seize rencontres encore à disputer dans cette course à l’accession.


