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Depuis décembre, absolument rien n’a évolué, soupire Nathalie dans les ligne du Progrès, résidente de la rue de la Jomayère qui bénéficie d’une vue imprenable sur les rails du chemin de fer. Et surtout sur ces satanées barrières rouges qui ceinturent le trottoir interdit depuis plus de huit mois.
Dans la nuit du 20 au 21 décembre dernier, un fragment du mur séparant la rue des voies s’est écroulé, percuté par un conducteur. « Je me souviens parfaitement », relate Nathalie. « J’ai perçu du vacarme pendant la nuit, je me suis dit qu’une automobile avait encore embouté le mur. Cela se produit au moins une fois par an. » Mais à l’aube, c’est la stupéfaction. Une section du parapet a disparu et un train est immobilisé au beau milieu de la voie.
Le convoi percute les débris et quitte les rails
La rame s’apprêtait à pénétrer en gare de Bellevue, en provenance de Firminy, quand elle a heurté les blocs de pierre et déraillé. Par chance, aucun voyageur n’avait été blessé et le trafic a repris dès le jour suivant.
Du côté de la rue, en revanche, la situation reste figée. Nathalie réside ici depuis deux décennies et l’écroulement du muret ne l’a guère surprise. « Cela faisait longtemps qu’il était dans un état déplorable. Juste avant qu’il ne s’écroule, je voulais d’ailleurs alerter la mairie », explique-t-elle. « À l’endroit où il s’est effondré, il y avait carrément un vide entre le bitume et la base du mur. »
En escaladant la passerelle qui enjambe les rails, on distingue effectivement de nombreuses lézardes à la base du muret, côté voies SNCF. « Peut-être que les multiples accidents routiers survenus ici ont fragilisé le mur et les infiltrations d’eau ont achevé le travail », suppose la retraitée.
Les lycéens contraints de jouer à la roulette russe
Toujours est-il que depuis décembre, les habitants de la rue de la Jomayère ne peuvent plus utiliser cette portion de trottoir. Et Nathalie s’emporte : « Mais que se passe-t-il ? Et pourquoi rien ne bouge ? »
Selon cette habitante, le secteur est assez fréquenté, notamment par les élèves du lycée Honoré-d’Urfé, qui empruntent quotidiennement cette voie pour atteindre la passerelle et gagner la place Bellevue. « Certains marchent sur la chaussée ou traversent dans le virage, mais c’est extrêmement périlleux », a observé la retraitée. « Les automobiles coupent le virage ou arrivent à vive allure et on ne les aperçoit pas toujours. »
Ping-pong administratif entre la Ville et la SNCF
Interpellée, la municipalité stéphanoise nous a répondu que le muret appartenait à la SNCF. De son côté, la compagnie ferroviaire indique qu' »une incertitude concernant la propriété du mur a ralenti le processus de traitement de cet incident ».
Elle assure néanmoins qu’une entreprise a déjà inspecté le chantier pour la réparation du mur. « Nous attendons leur retour pour fixer la date de réalisation du chantier, que nous espérons d’ici les vacances de la Toussaint, au plus tard fin d’année. »
En attendant cette hypothétique réparation, les habitants du quartier continuent de subir les désagréments de cette situation qui s’éternise, entre danger pour les piétons et interrogations sur l’efficacité de la gestion des infrastructures publiques. Huit mois, c’est long pour ramasser un mur.


