Dès 18 heures, au coup d’envoi de la finale PSG-Arsenal, l’ambiance sur la place Jean-Jaurès donne le ton. Au Délirium Café, qui retransmet le match en terrasse sur écran géant, Mégane prend son service avec une intuition mauvaise. De l’autre côté de la place, le Six Nations et le Beer Garden ont, eux, anticipé : forts d’une expérience douloureuse l’an passé, leurs gérants ont renoncé à installer des écrans en extérieur et limitent la diffusion à l’intérieur de leurs établissements. Une décision qui concentre mécaniquement la foule à l’est de la place, devant le Délirium Café.
Tables cassées, un employé frappé : la terrasse du Délirium vire au chaos
La rencontre n’est pas encore terminée que les incidents s’enchaînent. Un groupe de jeunes, estimé entre 10 et 15 ans, sème rapidement le désordre sur la terrasse. Tables renversées, verres brisés : l’établissement est débordé. Les personnes venues regarder le match tranquillement deviennent minoritaires face à celles venues provoquer. Les gérants sont contraints de fermer les trois quarts de la terrasse en urgence.
À la mi-temps, la décision est prise d’interrompre la retransmission. La réaction est immédiate et violente : un membre du personnel est touché par un morceau de bois. Lorsqu’il tente de se mettre à l’abri dans la cabane de la terrasse, plusieurs jeunes s’y attaquent physiquement. Une scène de violence brute qui laisse l’ensemble de l’équipe sous le choc.
Le groupe se déplace vers la crêperie Jeannette
Chassé du Délirium Café, l’attroupement migre vers la crêperie Jeannette, à quelques dizaines de mètres. Entre 19 heures et 20 heures, une soixantaine de jeunes se massent devant l’établissement. Certains sont armés de couteaux et de mortiers d’artifice. Mais l’arrivée rapide de la police municipale et de la BAC dissout le rassemblement en moins de cinq minutes. La soirée se termine sans dommages pour la crêperie. Aux Poteaux Carrés, dans le même secteur, la direction a préféré rapatrier les clients à l’intérieur et fermer la terrasse par précaution.
Fan-zones, présence policière : les commerçants cherchent des réponses
Au lendemain des incidents, le débat sur la gestion des grandes soirées footballistiques en centre-ville ressurgit. Délocaliser les retransmissions dans des fan-zones en périphérie ? Le patron du Six Nations et du Beer Garden n’y croit pas : les vrais supporters ne sont pas en cause, comme l’a démontré la veille le match ASSE-Nice, qui s’est déroulé dans le calme. Le responsable de la crêperie Jeannette plaide plutôt pour un renforcement du dispositif sécuritaire sur place, voire une fan-zone organisée directement sur la place Jean-Jaurès. D’autres commerçants, plus amers, préfèrent philosopher à leur façon sur ces dégradations répétées du mobilier urbain.


