Des masques, mais quels masques ?

Désor­mais, il sem­ble que l’après con­fine­ment se vive masqué. Mais à quel prix ? L’inquiétude, après les pre­mières livraisons, se fait de plus en plus grande. 

C’est un arti­cle de France Inter qui nous alerte sur la qual­ité des masques déjà livrés en France. Ces masques ont, par­fois, été fab­riqués par des entre­pris­es chi­nois­es qui n’avaient aucune expéri­ence dans ce domaine. Un avis de Camille Verchery, PDG d’une société chargée de rechercher des four­nisseurs.

La crise a con­duit cer­taines entre­pris­es à s’improviser impor­ta­tri­ces de masques.

Un fab­ri­cant auto­mo­bile chi­nois ou encore des sous-trai­tants d’Apple ont adap­té rapi­de­ment leurs chaînes de pro­duc­tion. Allant même jusqu’à fal­si­fi­er des cer­ti­fi­ca­tions de con­for­mité à la norme CE, le marché des masques sem­ble devenir un lieu sans foi ni loi. En Europe, la crise a con­duit cer­taines entre­pris­es à s’improviser impor­ta­tri­ces de masques.

Pour­tant, elles ne dis­po­saient d’aucune com­pé­tence en la matière. Cer­tains « traders » se sont fait avoir : des sim­ples masques chirur­gi­caux alors qu’ils pen­saient com­man­der des FFP2, offrant une pro­tec­tion dif­férente. D’autres masques se sont vus cer­ti­fiés par des organ­ismes qui n’étaient pas com­pé­tents en la matière. Résul­tat : des masques qui ne respectent pas les normes CE, donc la régle­men­ta­tion européenne. Encore pire, ces pro­duits n’ont même pas été recon­nus en Chine ! Cepen­dant, l’organisme de cer­ti­fi­ca­tion français évoque qu’un seul faux cer­ti­fi­cat depuis le début de la crise.

Des soignants évo­quent une mau­vaise qual­ité de cer­tains masques.

Mais est-ce que ces masques sont-ils inef­fi­caces pour autant, voire dan­gereux ? Dif­fi­cile de le savoir. Pour pré­par­er l’après-confinement, la Région Ile-de-France a com­mandé 30 mil­lions de masques auprès d’un pro­duc­teur chi­nois. L’Agence Régionale de San­té les a testés : même non cer­ti­fié, ils sont con­formes à la régle­men­ta­tion européenne.

D’autres sem­blent pass­er entre les mailles du filet : des soignants évo­quent une mau­vaise qual­ité de cer­tains masques, comme une bar­rette en métal qui ne tient pas ou un masque FFP2 trop petits qui ne cou­vrent pas suff­isam­ment le vis­age.

Dis­tribués à grande échelle, ces masques pour­raient aus­si devenir un dan­ger

Au Pays-Bas, des masques dis­tribués dans les hôpi­taux ont été rap­pelés car poreux et d’une dimen­sion inadéquate, alors qu’ils avaient été cer­ti­fiés comme garan­tis­sant le fil­trage de 95% des par­tic­ules d’air.  A Lille, des gar­di­ens de pris­ons ont recu des masques « fins comme du papi­er à cig­a­rettes qui se déchirent très facile­ment ». Ces masques pour­tant dénom­més « “chirur­gi­caux” sont en fait des­tinée à l’industrie élec­tron­ique pour fil­tr­er les par­tic­ules et aérosols exempts d’huile ». 

Dis­tribués à grande échelle, ces masques pour­raient aus­si devenir un dan­ger : la Croix Rouge évoque un faux sen­ti­ment de pro­tec­tion, leur por­teur peu­vent donc adopter un com­porte­ment risqué. Notons que les tests sem­blent souf­frir des mêmes maux… 

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