Fin avril, une vague de contenus générés automatiquement sur internet a semblé annoncer l’imminence du changement d’enseigne. Mais derrière le bruit numérique, les faits concrets restaient flous. Depuis nos premières informations de début d’année, un élément nouveau est parvenu jusqu’à nous : Gifi fermerait le 11 juillet prochain, laissant place à plusieurs mois de travaux avant l’ouverture d’un Grand Frais.
Pour autant, personne ne parle. Ni Grand Frais, ni Gifi au niveau national. À Saint-Chamond, les salariés affirment ne rien savoir, et la direction locale a reçu consigne de ne pas communiquer. Midi 2i, gestionnaire de Valaura 2, la foncière de la Banque populaire Auvergne-Rhône-Alpes propriétaire du retail-park, se dit également sans information à partager.
Une société gestionnaire en liquidation, des salariés sans salaire
En coulisses, la situation est pourtant moins sereine qu’il n’y paraît. Selon nos confrères de l’Éveil en Haute-Loire, la société qui gérait les magasins Gifi du Puy-en-Velay, de Firminy et de Saint-Chamond aurait été placée en liquidation judiciaire en début d’année, laissant les équipes sans rémunération pendant un mois. L’enseigne nationale aurait depuis repris la gestion directe des trois sites et assuré la continuité des contrats de travail. Une salariée de la Varizelle nous avait d’ailleurs confié, il y a quelques semaines, avoir traversé une période similaire à celle vécue au Puy-en-Velay.
Le magasin de Saint-Chamond figure sur la liste de 32 établissements Gifi appelés à rejoindre l’enseigne Grand Frais en 2026, révélée fin 2025. Derrière cette enseigne, c’est le groupe Prosol qui opère, récemment racheté par le fonds d’investissement américain Apollo, et qui gère les rayons fruits, légumes, marée et produits laitiers sous bannière Grand Frais, avec des ambitions de croissance accélérée.
Un primeur déjà en place, une clause de non-concurrence en jeu
L’équation commerciale à la Varizelle se complique d’un élément supplémentaire : un primeur y est déjà installé, sous l’enseigne Tout Compte Frais. Son gérant nous avait assuré disposer d’une clause de non-concurrence, tout en se disant ouvert à d’éventuelles opportunités. Où en sont les discussions avec Prosol ? Impossible à établir : le commerçant n’a pas donné suite à nos sollicitations répétées ces dernières semaines.
La transformation de la Varizelle se dessine donc en pointillés, entre silences convenus, liquidation discrète et intérêts commerciaux à concilier. Le 11 juillet, si la date se confirme, marquera peut-être la fin d’un flou qui dure depuis plusieurs mois.


