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Depuis la mi-juin, 7 500 m² de voiles d’ombrage en fibre synthétique surplombent la pelouse mythique de Geoffroy-Guichard. Cette installation, présentée comme une première nationale par Saint-Étienne Métropole, ne quitte son poste que lors des rencontres officielles, comme ce fut le cas pour l’amical face à Troyes. Le dispositif utilise intelligemment les équipements existants : les mêmes toiles vertes déjà visibles autour de l’enceinte, capables de filtrer 50% des rayons ultraviolets tout en préservant la luminosité nécessaire à la photosynthèse.
L’idée germe après l’Euro 2016, période marquée par l’apparition de la Pyricularia, cette maladie fongique importée des rizières italiennes qui prospère avec les fortes chaleurs. Une première tentative partielle en 2017 sur 2 000 m² avait échoué, avant cette renaissance ambitieuse en 2025.
Des enjeux financiers considérables
L’innovation prend tout son sens face aux coûts astronomiques de l’entretien moderne. Chaque replaquage de pelouse engloutit 500 000 euros dans les caisses métropolitaines, somme que Jean-Luc Degraix, vice-président aux grands équipements, espère économiser grâce à ce système préventif. La pelouse stéphanoise, classée 3e de Ligue 1 et 2 confondues en 2023-24 avec une note de 17,9/20, avait chuté au 13e rang la saison suivante, nécessitant deux replaquages consécutifs.
Au-delà de l’aspect économique, le voilage génère des économies d’eau substantielles de 30 à 50%, complétant efficacement les 430 m³ de cuves de récupération pluviale existantes. Plus révolutionnaire encore, il pourrait éliminer le recours aux produits phytosanitaires, seule arme actuellement autorisée contre la Pyricularia par dérogation au zéro phyto obligatoire jusqu’en juillet 2026.
La mise en œuvre reste rudimentaire : jour et demi pour installer, demi-journée pour démonter, avec les seuls moyens humains de la collectivité. L’investissement minimal – 2 000 euros pour le cordage spécialisé contraste avec l’ampleur des bénéfices attendus.
Vers une exportation du modèle
Les trois semaines caniculaires de fin juin-début juillet ont constitué un test grandeur nature particulièrement probant. Après évaluation en septembre, le prototype devrait se pérenniser dès l’été 2026, potentiellement sous forme de brevet.
L’intérêt suscité auprès d’autres gestionnaires de grands stades laisse présager une diffusion nationale du concept. Marianne Petiot, directrice des sports, dispensera d’ailleurs une formation sur ce sujet au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges. Cette innovation s’inscrit dans une démarche environnementale plus large incluant panneaux photovoltaïques et éclairage optimisé, positionnant Geoffroy-Guichard comme stade exemplaire.

