Le déclic à 4-13
TJ Parker n’avait pas digéré la défaite en finale de la Leaders Cup. Le message est passé. Dès le premier quart-temps, les Choraliens ont affiché une intensité rare, mais c’est après un temps-mort du coach roannais, sur le score de 4-13, que la rencontre a basculé définitivement. La zone press déployée par Roanne a étouffé le jeu orléanais et déclenché un cinglant 13-0 qui a installé les locaux dans leur place et dans leurs intentions pour le reste de la soirée.
Défensivement, la Chorale a livré une copie quasi parfaite. Si Orléans a dominé au rebond de façon significative, dont une nette supériorité sur les rebonds offensifs, l’énergie défensive roannaise a neutralisé cet avantage : l’OLB n’a converti que six points sur ses quinze secondes chances, soit à peine plus que Roanne dans le même exercice. Les Orléanais ont fini par craquer nerveusement, incapables de trouver la faille face à ce roc.
Diot en patron, Roos en patron également
Antoine Diot a signé une nouvelle prestation de très haut niveau : 15 points à 67% au tir, neuf sur neuf aux lancers-francs, cinq passes décisives et 21 d’évaluation. La passe lobée pour l’alley-oop de Maxime Roos, un dunk rageur qui a soulevé la Halle, restera comme le symbole d’une soirée aboutie pour le capitaine roannais, dont l’accolade avec TJ Parker au coup de sifflet final en disait plus long que n’importe quel discours.
Roos, justement, a été omniprésent. Quatre contres au compteur, un rôle déclencheur dans le 13-0 à trois points, et un dunk conclusif à la 39e minute pour clore définitivement le débat. Dylan Affo Mama a complété ce tableau avec une énergie communicative : discret en début de rencontre, il a su hausser son niveau pour terminer à dix points et peser physiquement sur les intérieurs orléanais.
Moerman, retour gagnant
La décision de TJ Parker d’intégrer Adrien Moerman dans le cinq majeur s’est révélée payante. Après des mois d’absence et une adresse perfectible en première période, le double vainqueur de l’Euroligue a apporté l’essentiel : expérience, défense, volonté. Sa présence dans la raquette a contribué à contenir les offensives adverses et son panier libérateur en seconde période a aidé les siens à tenir le cap.
Un banc qui joue le jeu
La victoire est aussi collective au sens large. Wojciechowski a apporté de la précision depuis le banc, Masters a généré des fautes et exercé un leadership naturel, Harvey Gauthier a remporté son duel face à Kanouté, lequel a lui aussi cédé nerveusement en fin de match. Jahvon Blair, muselé par la défense roannaise, n’a pas pu exprimer son talent habituel, preuve que le plan défensif choralien a fonctionné jusqu’au bout.
Cap sur treize finales
Avec trois victoires d’avance sur Orléans, le différentiel particulier en prime, et quatre sur Blois, Roanne se rapproche concrètement du titre et de la montée. Mais TJ Parker ne laisse aucune place à la décontraction : pour lui, chacun des treize matchs restants sera une finale, qu’il s’agisse d’affronter le deuxième ou le dernier du classement. La semaine prochaine, les Choraliens se déplacent à Challans, un match piège qu’il faudra aborder avec la même rigueur. Le gâteau, comme disait Antoine Diot à Poitiers, est presque prêt. Il reste à ne pas le laisser brûler.


