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Ce carburant totalement décarboné, fabriqué à partir de graisses animales et d’huiles recyclées, représente une alternative prometteuse au diesel fossile. Le HVO se distingue radicalement du diesel traditionnel : incolore, inodore et sans dérivés pétroliers, il permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 à 94% du puits à la roue. Mathieu Granjon, dirigeant de l’entreprise, le qualifie au journaliste du Progrès de « meilleur compromis en termes de carburant » car il ne nécessite aucune modification des véhicules existants.
Une technologie différente du biodiesel classique
Contrairement au biodiesel FAME de première génération (B100) contenant encore des dérivés pétroliers, le HVO est un diesel entièrement renouvelable fabriqué à partir de matières premières 100% renouvelables. Cette différence technique fondamentale lui confère des propriétés supérieures, notamment une combustion plus propre limitant l’encrassement des filtres à particules.
« Le carburant HVO offre des performances exceptionnelles par temps froid », souligne Mathieu Granjon. Contrairement au biodiesel qui peut se gélifier, le HVO reste stable même en cas de gel, garantissant un fonctionnement optimal des véhicules toute l’année. Cette caractéristique s’avère particulièrement précieuse pour les flottes professionnelles.
Un succès auprès des transporteurs professionnels
La station attire déjà une clientèle professionnelle convaincue. Un chauffeur de 38 tonnes témoigne : « Mon patron m’a dit de prendre ce carburant en priorité chaque fois que j’en trouve. Malheureusement, dans la région, c’est pour l’instant l’unique installation qui en propose. » Cette exclusivité régionale positionne Granjon Combustibles comme pionnier de la transition énergétique.
Le prix s’avère plus élevé de 15 à 20 centimes par litre par rapport au diesel classique, surcoût lié à la complexité de production. Cependant, ce différentiel est compensé par un meilleur rendement moteur, une combustion optimisée par temps froid et un encrassement réduit du filtre à particules, générant des économies d’entretien.
Une adaptation technique en cours
Actuellement, le pistolet reste adapté aux poids lourds, trop volumineux pour les véhicules légers. « Il sera adapté dans un délai maximum de six mois », assure le responsable, ouvrant ainsi l’accès aux particuliers soucieux de réduire leur impact environnemental.
En à peine plus d’un an, Granjon Combustibles a multiplié par trois ses volumes de vente HVO-XTL. Cette progression confirme l’intérêt croissant pour cette alternative écologique, malgré son coût supérieur.
L’exemple européen à suivre
Mathieu Granjon pointe les politiques incitatives européennes : « En Italie, le gouvernement a abaissé les taxes sur ce carburant pour qu’il soit utilisé en priorité. C’est la même chose en Espagne, Allemagne ou aux Pays-Bas. Tout n’est qu’une question de volonté politique. » Cette remarque souligne le potentiel de développement du HVO en France avec un soutien institutionnel adapté.

