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Initialement hébergée à Régny par le Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) durant l’instruction de sa demande, elle s’était réfugiée dans un garage municipal après avoir été déboutée du droit d’asile. En juin 2024, la Ville de Roanne avait mis en demeure la famille de quitter les garages après plusieurs départs de feu, procédant ensuite à leur démolition pour éviter de nouveaux squats. Le bâtiment voisin a été muré et pourrait être cédé pour du logement ou des activités économiques dans le cadre du projet de rénovation du quartier Fontval porté par le maire.
Un campement improvisé démoli par la mairie
Ces derniers mois, la famille avait établi un campement plus loin dans l’impasse, sur un terrain municipal situé à l’angle de deux murs, avec plusieurs animaux de basse-cour. Face à cette situation qu’il qualifie de « début de bidonville », le maire Yves Nicolin a saisi le sous-préfet. Il explique au Progrès : « Je suis allé deux fois sur place, c’était un début de bidonville et c’est la raison pour laquelle j’ai demandé à ce qu’on trouve une solution. »
La famille, sous Obligation de quitter le territoire français (OQTF), a été prise en charge en décembre par le milieu associatif roannais et hébergée dans un hôtel aux Studines. Elle y est assignée à résidence pour une période de 45 jours renouvelable, avec obligation de pointer plusieurs fois par semaine au commissariat, obligations respectées jusqu’à présent.
Une procédure d’éloignement en cours
« Les services de l’État ont procédé à l’instruction de la procédure d’éloignement pour organiser un retour de la famille dans leur pays d’origine », précise le sous-préfet Hervé Gerin. Malgré la présence d’enfants mineurs, la procédure se poursuit en attente des laisser-passer consulaires nécessaires au retour en Albanie.
Ce retour est redouté par cette famille rom qui avait fui l’Albanie où la minorité à laquelle elle appartient est victime de violences et d’exclusion. Cette situation illustre la complexité des questions d’asile concernant les populations roms, souvent confrontées aux discriminations dans leurs pays d’origine.
Un phénomène plus large à Roanne
Cette famille n’est pas un cas isolé : une trentaine de familles déboutées du droit d’asile sont actuellement accompagnées à Roanne par des associations telles que RESF (Réseau Éducation Sans Frontières) ou le Secours catholique, témoignant de l’ampleur du phénomène sur le territoire roannais.

