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Cette embellie repose essentiellement sur un excédent naturel largement positif : plus de 120 naissances annuelles contre 60 décès en moyenne sur la dernière décennie. Cette vitalité démographique naturelle compense un solde migratoire légèrement déficitaire, avec 531 départs contre 497 arrivées en 2022 selon l’Insee.
Malgré cette progression encourageante, La Ricamarie peine à effacer les stigmates de la désindustrialisation. Entre 1968 et 2023, la commune a perdu 3 500 habitants (-30,3%), passant de 11 539 à 8 039 résidents. Cette chute s’explique par la fermeture des activités minières et sidérurgiques depuis les années 70, réduisant drastiquement l’attractivité du territoire.
Les atouts qui séduisent les nouveaux arrivants
Le maire Cyrille Bonnefoy identifie plusieurs facteurs d’attractivité : la commercialisation achevée des 120 lots du programme « Le Plein Soleil », la proximité de Saint-Étienne avec des prix immobiliers abordables, et l’environnement naturel exceptionnel avec le parc du Pilat comme voisin direct. « On s’en doutait un peu car on a ouvert plus de classes ces dernières années », confie l’édile.
Le maire mise sur une politique ambitieuse de renouvellement urbain pour consolider cette tendance positive. La démolition des 140 logements de la résidence Delaynaud par Loire Habitat illustre cette démarche de « dédensification pour mieux reconstruire ». Le projet de découverture de l’Ondaine vise à créer une percée verte attractive.
L’Ondaine stabilise sa population après des décennies de chute
L’ensemble de la vallée de l’Ondaine affiche une stabilité démographique avec +0,48% entre 2017 et 2023 (69 332 habitants). Six communes gagnent des résidents, une stagne et trois perdent légèrement. Toutefois, le territoire accuse toujours une perte de 19,5% depuis 1968 (-16 799 habitants), les anciennes villes industrielles payant le plus lourd tribut : Chambon-Feugerolles (-38,7%), Firminy (-32%) et La Ricamarie (-22%).
« La Ricamarie est en train de changer, mais il faudra encore du temps pour que ça se voie vraiment », tempère Cyrille Bonnefoy au Progrès. Cette prudence reflète la conscience que le redressement démographique d’un territoire marqué par un demi-siècle de déclin nécessite une stratégie de long terme, alliant renouvellement urbain et diversification économique.

